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NOSTRADAMUS

Nostradamus, ou Michel de Nostre-Dame, était né le 14 décembre 1503 à Saint-Remy, petit bourg des environs d'Aix ; son père était notaire et son oncle ancien médecin et conseiller du roi René, dernier souverain de Provence.

Les ancêtres de la famille de Nostre-Dame étaient juifs, et le prophète astrologue se vante, en ses écrits, de descendre de la tribu d'Issachar.

Élevé par son oncle le médecin, il fait ses études au collège d'Avignon, étudie la médecine à Montpellier et commence son tour de France.

Appelé à Agen par la réputation du célèbre César Scaliger, il se marie dans cette ville et devient l'ami du savant auteur du traité de causis linguœ latinœ et d'autres ouvrages encore estimés de nos jours.

Michel de Nostre-Dame, au bout de quelque temps de mariage, quitte Agen pour aller faire un petit voyage dans son pays et régler quelques comptes de succession.

Arrivé à Aix, il trouve cette ville en proie à la désolation ; un affreux fléau, la peste, fait d'horribles ravages dans la population.

Michel de Nostre-Dame, qui venait d'étudier les nouvelles théories de la médecine, était convaincu que la peste n'est pas contagieuse, il s'offrit pour soigner les malades.

Pendant un mois, il déploya une activité, une bonne volonté, une charité à toute épreuve; le jour, la nuit, il courut de la maison du riche à la maisonnette du pauvre; les habitants acclamèrent, à son passage, cet homme généreux i ce bienfaiteur de l'humanité, qui se multipliait pour porter en tous lieux ses soins et prodiguer ses consolations.

Cet acte de dévoûment créa sa réputation.

De retour à Agen, il ne tarda pas à perdre sa femme ; alors il quitte la ville, où tout lui rappelle de douloureux souvenirs, et reprend la route d'Aix.

La municipalité, le peuple àe la petite ville Provençale avaient gardé la mémoire des bons services du médecin; une pension lui fut allouée; Michel de

Nostre-Dame se fixa alors à Salon où il contracta un second mariage.

Délivré de tous soucis, ayant dé quoi vivre honorablement, il utilisa les loisirs dont il jouissait, dans sa nouvelle résidence, pour se livrer spécialement à l'étude des astres.

A partir de cette époque, Michel de Nostre-Dame se transforme; le médecin humanitaire disparaît pour faire place au faux prophète qui, sous le nom de Nostradamus, va publier d'extravagantes prophéties qu'il renferme dans des quatrains rimes, divisés par centuries dont les sept premières parurent à Lyon en 1555.

L'obscurité impénétrable de ses prédictions, le ton inspiré du nouveau prophète, l'assurance de son langage, les légendes bâties sur sa belle conduite lors de la peste de Provence, tout devait contribuer à lui assurer une immense vogue : il l'obtint plus brillante qu'il n'aurait jamais osé la rêver !

Enhardi par son succès, Nostradamus publia bientôt les huitième, neuvième et dixième centuries ; cette dernière fut dédiée à S. M. Henri II.

Le roi de France et Catherine de Médicis qui étaient tous deux grands partisans de l'art prophético-astrologique, voulurent connaître le nouveau prophète.

Nostradamus fut reçu au Louvre et magnifiquement traité.

Un grand homme, un grand capitaine aurait été accueilli à la cour de France avec moins d'honneurs !

Envoyé à Blois pour tirer l'horoscope des jeunes princes, il lit une prédiction si bien embrouillée que nul homme au monde ne put jamais en comprendre le sens.

Gela n'empêcha pas le duc Emmanuel de Savoie, la princesse Marguerite, sa femme, et le roi Charles IX, de sanglante mémoire, de venir consulter l'astrologue à Salon, où il se retira, après sa visite à la famille royale.

Le roi épileptique, qui devait plus tard tirer sur ses sujets protestants des fenêtres du Louvre, savait reconnaître et récompenser royalement le vrai mérite.

Nostradamus reçut de Charles IX, deux cents écus d'or et le brevet de médecin ordinaire du roi, aux appointements de trois mille livres par an.

— La faveur royale mettait sur le même rang Ambroise Paré, le plus célèbre chirurgien de l'époque, le créateur de la chirurgie moderne, et Nostradamus, l'orgueilleux emphatique qui se riait à la fois des hommes et de la <Jivinit<\

Ce fut de Salon, où il mourut en 1566, que Nostradamus lança sur le monde le premier almanach prophétique.

— Jodelle fit, sur ce grand médecin-astrologuecharlatan, le distique suivant :

Nostra damus cum falsa damus, nam fallere nos t ru m est, Et cum falsa damus, nil nisi nostra damus.

Talis pater, talis filius — un de ses fils essaya de marcher sur ces traces glorieuses, mais, comme il ne possédait pas assez l'art d'embrouiller ses prédictions et qu'il les faisait à trop courte échéance, il n'obtint qu'un succès de peu de durée.

Cependant, pour être certain de prédire juste au moins une fois en sa vie, lors du siège de la petite ville du Ponsin par les troupes royales, ayant annoncé que la ville deviendrait la proie des flammes, il mit lui-même le feu à plusieurs maisons. —

Les assiégeants donnèrent l'assaut, et le lils de Nostradamus fut tué sur les remparts par d'Espinay Saint-Luc (1574); deux ans après la Saint-Barthélémy, l'année de la mort du roi Charles IX.

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