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LE COMTE DE CAGLIOSTRO. — F. ANTOINE MESMER

Par une matinée splendide, comme on n'en voit peut-être qu'à Païenne, le 8 juin 1743, un gros garçon venait de naître dans une modeste famille d'artisans qui habitait, à cent mètres de la Piazza- Villena, dans une de ces petites maisons, à un seul étage, rappelant aux voyageurs, les habitations mauresques que l'on trouve encore à Cordoue et surtout à Grenade, cette dernière capitale des rois Maures.

Pierre Balsamo n'était rien moins que riche, et il avait déjà deux enfants, mais le troisième n'en fut pas plus mal reçu.

C'est dans la maison àx\ pauvre qu'est né le proverbe : Quand il y en a pour deux, il y en a pour trois.

Comme s'il eut prévu le bruit qu'il devait, plus tard, faire dans le monde, le petit bonhomme faisait déjà rage en naissant, et les commères du quartier affirmèrent que jamais enfant n'avait aussi gaîment annoncé sa venue.

Aussitôt que sa mère fut en état de se lever, le nouveau né fut porté à l'église où, après l'avoir baptisé, on l'inscrivit sur le registre paroissial sous le nom de Giuseppe Balsamo.

Giuseppe grandit et devint un espiègle et charmant bambino ; mais, malheureusement, sa mère fut enlevée par une terrible maladie et Pierre Balsamo mourut, avant d'avoir eu le temps d'élever sa jeune famille.

Deux oncles durent se charger, de l'éducation de Giuseppe Balsamo, et une tante, nommée Marie Cagliostro, qui habitait Messine, recueillit auprès d'elle les deux petites orphelines.

Giuseppe ne tarda pas à embarrasser singulièrement ses deux protecteurs.

Il avait un esprit prompt, une imagination ardente, un caractère aventureux et un immense désir de liberté qui rendaient toute surveillance difficile,

Hs résolurent de le faire entrer dans les ordres

monastiques, et le placèrent, à cet effet, au séminaire de Saint-Roch de Palerme.

Les instincts d'indépendance du nouvel élève se prêtaient peu à la discipline, et une belle nuit, par un magnifique clair de lune, il s'enfuit du séminaire.

Rattrapé quelque temps après, en assez mauvaise compagnie, il fut confié, par ses oncles, au père général de Bonfratelli qui était venu arranger une affaire à Palerme, et ils partirent tous deux pour le couvent de Saint-Benoît, situé aux environs de Gartagirone.

C'est là où il fit ses premières études de chimie et de médecine.

Une couple d'années s'écoulèrent, mais un jour, une de ses escapades lui ayant mérité une sévère correction, il trouva moyen de s'évader du couvent, comme il s'était enfui du séminaire de Saint-Roch.

Le voilà de nouveau vagabondant dans la campagne ; enfin, il s'enhardit, rentre à Palerme et se présente à ses parents qui ont encore la bonté de l'accueillir.

Sa conduite devient scandaleuse, il est bientôt lié avec le rebut de la jeunesse Palermitaine, et il se livre en cette société aux vices de l'ivrognerie, du jeu et du plus honteux libertinage.

Giuseppe Balsamo ne tarda pas à avoir des démêlés avec la police.

Il fait des petits faux, vole ses oncles et sert, moyennant finances, les amours d'une de ses cousines.

Il parait même que, vers cette époque, il fabriqua un faux testament en faveur d'un certain marquis Maurigi.

Quoi qu'il en soit, il est certain qu'il parvint à se lier avec un orfèvre nommé Marano, homme d'un faible jugement et d'un esprit superstitieux ; et qu'en lui lisant une foule de livres sur l'art thaumaturgique et l'alchimie, il surexcita son imagination et alluma la convoitise dans le cœur de son nouvel ami.

Un jour, où il faisait la lecture d'un vieux bouquin, il parut avoir quelques difficultés à séparer deux feuilles. Mais qu'on juge de la surprise de notre orfèvre quand lui montra, Giuseppe, entre les deux feuilles, une page manuscrite sur laquelle était tracé une espèce de testament par lequel un célèbre sorcier , qui avait été possesseur de ce livre , indiquait où se trouvaient ses immenses richesses.

L'énumération de ce trésor laissait bien loin toutes les descriptions des contes des Mille et une nuits ;

seulement , certaines conditions indispensables étaient imposées à celui qui voudrait s'en rendre maître.

On devait entendre des messes, composer des philtres, et se préparer dignement à entrer en possession de cette fortune miraculeuse.

Que fallait-il dépenser pour tout cela? une soixantaine d'onces d'or : Giuseppe offrit à son ami de partager en frères, s'il voulait lui faire cette petite avance ; Marano était avare, mais le résultat était si tentant, qu'il se décida à délier les cordons de sa bourse.

Le but de Balsamo était atteint, et dans la nuit, il quitta Palerme, laissant l'orfèvre attendre son retour et son trésor.

Nous avons dit qu'il savait un peu de médecine et de chimie, Balsamo se fit médecin empirique.

Il voyagea en vendant, en guise de panacée universelle, dans les palais et les harems, des pilules à base d'aloès, des opiacées, des simples et des excitants.

Il visita d'abord la Grèce, puis l'Egypte, où il se lia avec le célèbre Althotas.

De l'Egypte il passa en Arabie , en Perse , à Rhodes, et enfin, dans l'île de Malte, où il eut le

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talent cTéblouir et d'émerveiller le grand-maitre Pinto, chef suprême de la commanderie de Malte.

C'est dans cette île que le savant Althotas disparaît comme par enchantement.

Balsamo revint en Italie avec le chevalier d'Aquino, de l'illustre maison de Caramanica, auquel le duc de Pinto l'avait chaudement recommandé.

Arrivé à Naples, il y tint un certain rang, grâce à la bourse de son nouvel ami ; mais, malheureusement, celui-ci ne tarda pas à le quitter pour se rendre en France.

L'orfèvre Marano, qui était venu à Naples, fit arrêter son mystificateur de Palerme ; mais, faute de preuves suffisantes, Balsamo, qui avait pris le titre de marquis Pellegrini, fut relâché par la justice.

(Les différents noms que prit Giuseppe Balsamo, sont ceux d'Acharat, de comte Harat, comte Fénix, marquis d'Anna de Tischio, de Melissa, de Belmonte, et enfin de marquis Pellegrini.)

Après s'être associé avec un fripon et avoir tenu quelques maisons de jeux en Italie, il vint à Rome, où il trouva moyen de s'introduire dans la société, à l'aide des recommandations que lui avait données le commandeur de Tordre de Malte.

Il recommença dans la ville éternelle sa vente de

médicaments, et réalisa ainsi de très-beaux bénéfices.

Balsamo se faisait appeler le comte Alexandre de Gagliostro, il menait grand train, de plus, c'était un assez joli garçon, aux yeux pensifs, à la tête intelligente ; il n'en fallait pas tant pour charmer une jeune fille et éblouir un fondeur de cuivre; aussi, Gagliostro obtint-il facilement la 'main de la belle Lorenza Feliciani, dont il s'était affolé en la voyant dans le magasin de son père, situé place de la Trinité-des-Pélerins.

Le mariage fut célébré avec un certain éclat à la paroisse de Saint-Sauveur-des-Champs.

Le lendemain Cagliostro, installé chez son beaupère, était presque devenu un citoyen Romain.

Mais la vie calme de la famille n'était guère son fait ; il repartit bientôt, pour courir la prétentaine et chercher les aventures, en emmenant sa belle compagne avec lui.

Après différents démêlés avec la justice de Venise, de Vérone et de Milan, obligé de quitter son ingrate patrie, Cagliostro se dirige vers l'Espagne.

Peu content du résultat qu'il obtient dans ce pays, nous le voyons retraverser l'Italie, gagner le nord de l'Europe, s'arrêtera Mittauen Gourlande, fonder une loge franc - maçonnique et tenir des cours

publics, où il fait un incroyable mélange de théosophie chrétienne et de thaumaturgie païenne ; Balsamo commente le Christianisme en y joignant les doctrines de Platon et celles de Spinosa, le plus obscur des philosophes qui ait écrit depuis Xenophanes jusqu'à nos joui».

Enfin, après un court séjour à Varsovie, il arriva à Saint-Pétersbourg.

Il certain, quoi qu'on en ait dit, que les beaux yeux de Lorenza eurent plus de succès, à la cour de Catherine, que les tours de passe-passe et les jongleries de Balsamo.

Une jalousie de femme força le couple à s'éloigner ; mais l'impératrice était trop généreuse pour les renvoyer les mains vides.

Le comte Fénix, Giuseppe Balsamo ou le comte de Cagliostro, comme il se fait appeler de nouveau, traverse la Russie, la Pologne, l'Allemagne, et arrive à Strasbourg, se dirigeant vers Paris.

Il obtint un immense succès dans l'ancienne ville impériale.

Ses recommandations lui ouvrirent les portes des hôpitaux, et il put expérimenter à son aise, ses remèdes secrets.

Cagliostro était expert dans l'art de jeter de la

poudre aux yeux du public ; la société strasbourgeoise s'engoua de notre aventurier.

Il visita toutes les loges maçonniques, et chercha à les rallier au nouveau rite qu'il voulait fonder en France.

Il menait le train d'un grand seigneur et donnait beaucoup d'argent aux pauvres, de telle sorte que le peuple en vint, tout en le craignant à l'égal d'un diable, à le considérer presque comme un saint, et, c'est précédé d'une brillante réputation qu'il fit son entrée à Paris, cette terre promise de tous les charlatans.

Avant de suivre le comte de Cagliostro dans ses nouveaux exploits, il est à peu près indispensable de jeter un coup d'œil sur la situation, pour juger de

l'état des esprits, au point de vue politique et philosophique.

Le 20 mai 1774, Louis XV était mort, après un règne effectif de cinquante-deux années.

Louis XVI recueillait un héritage difficile.

La France était énervée.

La démoralisation était descendue des marches du trône jusque dans les derniers rangs de la société, en sapant sur son passage l'aristocratie et la vieille bourgeoisie»

Diderot, d'Alembert, Turgot, Helvétius, Duclos, Condillac, Mably, Buffbn, Marmontel, Raynal, la Harpe, Grimm, Morellet, Saint-Lambert, d'Holbach et, par dessus tout, Voltaire, J.-J. Rousseau et Beaumarchais avaient abattu, pièce à pièce, lessup-

ports sur lesquels reposait l'édifice social.

Les grands doutaient, les philosophes discutaient, les encyclopédistes écrivaient, et le peuple, las de souffrir, murmurait.

Le vaisseau de l'État allait à la dérive , sans boussole !

Un homme de fer, un grand génie, un capitaine expérimenté eût peut-être sauvé l'équipage et guidé le navire à bon port.

Hélas ! ce fut un jeune homme de vingt ans qui dut prendre le gouvernail.

Et, pourtant, disons-le, jamais prince ne monta sur le trône, le cœur plein de meilleures intentions que Sa Majesté Louis XVI.

Le nouveau roi commença par remettre au peuple le droit de joyeux avènement; réforma la loi qui rendait les taillables solidaires du payement de l'impôt.

Le grand économiste Turgot, l'ancien intendant de Limoges, fut nommé contrôleur des finances,

il abolit la corvée, ou travail gratuit, exigé chaque année des habitants de la campagne, pour la construction des routes.

La liberté est rendue au commerce des grains, les anciens parlements et la cour des aides sont rétablis.

La question préparatoire est supprimée dans tous les tribunaux de France.

Le Mont-de-Piété est fondé ; l'abbé de l'Epée organise l'institution des Sourds-et-Muets ; la Société royale de Médecine réunira désormais les savants disciples d'Esculape.

Quant au roi, nous l'avons déjà dit, ce n'est pas la bonne volonté qui lui manque.

Il écoute tous les conseils, s'adresse à tous les partis, fait appel à toutes les lumières.

Malesherbes, Turgot, le banquier génois Necker font, tour à tour, partie du conseil royal.

Mais les tiraillements de la cour et l'effervescence populaire, paralysaient toutes les tentatives d'apaisement, et nous marchions fatalement vers une révolution.

La mort moissonne les illustrations du siècle : Voltaire, après avoir obtenu un véritable triomphe à la représentation S! Irène meurt, la même année*

âgé de plus de quatre-vingts ans.

Jean-Jacques Rousseau ne lui survit que de deux mois.

Linné est mort en Suède, et Gilbert vient d'entrer à l'hôpital.

Eh bien ! c'est à la lin de ce siècle qui a tout attaqué, tout critiqué, depuis la puissance royale, jusqu'à la divinité de Jésus-Christ ; c'est au moment où Paris, la province, la France, s'unissent dans une même pensée ; c'est quand la petite noblesse, la magistrature, les financiers, la bourgeoisie , le peuple , sont affolés de liberté, que nous voyons les charlatans reconquérir une importance et une popularité nouvelles.

En 1779, un Allemand ou un Suisse (les historiens ne sont pas d'accord à ce sujet), François-Frédéric-Antoine Mesmer , nous arrive de Vienne.

Après avoir étudié avec le père Hell, jésuite et professeur d'astronomie, il avait fondé un hôpital, destiné à propager et perfectionner la découverte qu'il venait de faire, et de sous le nom de magnétisme animal.

La nouvelle théorie de Mesmer obtint un succès prodigieux.

Des gens du monde, des médecins le patronnèrent hautement; la foule suivit en battant des mains.

L'Académie de médecine et l'Académie des sciences refusèrent de s'occuper d'une prétendue méthode curatiie, qui n'était fondée que sur l'existence problématique d'un fluide, ou d'une puissance sui generis, résidant dans chaque corps animé.

La foule, toujours amie du merveilleux, attribua à une jalousie de métier la réprobation dont les savants frappaient son idole ; et les admirateurs, les partisans du magnétiseur, n'en devinrent que plus nombreux.

C'est à l'époque de la grande vogue de Mesmer que le comte de Gagliostro se présente aux Parisiens sous les auspices du cardinal de Rohan qu'il avait connu à Strasbourg.

L'intention de Cagliostro était d'abord de reléguer son attirail fantasmagorique, et de se donner hardiment, comme un nouveau réformateur dans cette société avide de réformes.

Mais l'immense succès obtenu par Mesmer, avec son baquet merveilleux et ses tiges d'acier aimanté, fit réfléchir notre aventurier.

Il avait loué rue Saint-Claude, entre le boulevard du Temple et le Marais, une vaste maison isolée,

SA

tout entourée de grands jardins ; c'était bien la demeure qui lui convenait.

U y vécut près d'une année avec la belle Lorenza, étudiant la société parisienne et organisant sa demeure comme un physicien mécanise son théâtre.

Enfin, tout étant prêt et la curiosité suffisamment surexcitée, Cagljostro se décida à entrer en scène.

Mais il était trop habile pour ne pas comprendre qu'il fallait d'abord frapper un grand coup. Aussi dédaignant la voie battue par ses devanciers, se présenta-t-il, à l'exemple des grands marchands de njiracles de l'antiquité, comme un nouveau Prophète.

— Il n'avait d'autre but que lé bonheur du genre humain et, c'est pour arriver à ce magnifique résultat, qu'il venait rallier toute la Franc-Maçonnerie française au rite égyptien, dont il était grand cophte ou vénérable.

Jamais le sacré et le profane ne furent mis à une aussi rude épreuve. • —

Le prophète moderne promettait à 6es adeptes toutes les jouissances terrestres et toutes les béatitudes célestes.

Étiez-vous malade ? gratuitement, par un simple attouchement il vous rendait à la santé.

Aviez- vous besoin d'or ? à son commandement, le plus vil métal se transformait en lingots précieux, le sublimé carbonique en diamant.

Voulier-vous connaître l'avenir ? le prophète ouvrait, aux yeux de ses adeptes, le grand livre du destin.

Désiriez-vous revoir une personne aimée? consulter les morts illustres? rien n'était plus facile à Cagliostro, que d'évoquer les habitants des sombres bords.

On comprend sans peine, qu'avec un pareil programme, Mesmer était dépassé de cent coudées.

Le médecin allemand, dont la conduite privée peut être fort discutée, avait, en somme, rendu un immense service à l'humanité, en nous révélant une puissance inconnue ou, tout au moins, perdue depuis longtemps; — mais le comte de Cagliostro, en mêlant le magnétisme à ses jongleries, traça la voie aux charlatans qui devaient déconsidérer et perdre une science, dont le point de départ était l'une des plus grandes lois de la nature.

Nous n'avons pas à nous étendre longuement sur la suite des aventures de Cagliostro. — Ce brillant imposteur est le héros d'une centaine de volumes ou de biographies, dont l'une des meilleures est, peut-être, celle de M. Jules de Saint-Félix.

Sans laisser à la société Parisienne le temps de se blaser, Gagliostro se rendit à Londres, où les disciples de Swedenborg le reçurent comme un des plus grands hommes des temps modernes.

Mais guidé par sa mauvaise étoile, il revint à Paris, en 1785.

— La Révolution marchait à pas de géant; les esprits se tournaient vers la réalité.

Mesmer avait refusé vingt mille francs de pension viagère, que M. deBreteuil était venu lui offrir, de la part de Louis XVI, pour établir une clinique magnétique.

Une partie des trois cent quarante mille frands, que le zélé Bergasse avait réunis, par une souscription, était engloutie ; le découragement succédait à l'enthousiasme !

Gagliostro fut bientôt mêlé à de nouvelles aventures.

Il avait eu la malencontreuse idée de loger chez lui une intrigante qui prétendait descendre des Valois, et prenait le titre de comtesse de La Mothe.

Quand arriva l'affaire, dite du collier de la reine, Cagliostro fut fortement compromis avec cette femme en compagnie du cardinal de Rohan,

Incarcéré à la Bastille, il publia un mémoire, dans lequel il se défendait énergiquement.

L'opinion était incertaine, mais le Parlement, par un arrêt du 31 mai 1786, le renvoya absous ainsi que le Cardinal ; les deux accusés allaient échanger la prison pour Pexil.

Le comte de Gagliostro retourna à Londres, puis il visita successivement Baie, Bienne, Aix en Savoie, Turin, Gênes, Vérone et enfin Rome, où il devait si tristement terminer sa carrière.

Cet aventurier qui ne pouvait rester inactif, résolut de fonder une grande loge maçonnique, dans la ville éternelle.

Trahi par un de ses familiers, il fut dénoncé à l'inquisition et arrêté ainsi que sa femme, à la fin de décembre 1789.

L'accusation était grave ; une bulle papale portait alors la peine de mort contre toute personne affiliée aux sociétés secrètes.

Le procès marcha rapidement, et, quelques jours après son arrestation, le saint tribunal condamnait à la peine capitale, comme illuminé et franc-maçon, Giuseppe Balsamo, le faux comte de Cagliostro.

Le même jugement prononçait la réclusion perpétuelle contre Lorenza Féliciani.

3*2 lhs Mvr.cn.isrs de miracles.

Cette femme, qui avait émerveillé les plus belles villes du monde, devait Unir ses jours prisonnière, dans un couvent, à quelque cent mètres de la maison paternelle, dont, jeune fille, elle était la joie et T orgueil.

Le Pape Pie VI fut clément ; il fit grâce de la vie à Cagliostro.

Du château Saint- Ange le grand-maître du rite égyptien se vit transférer au château de Saint-Léon, où il mourut en 1795.

Par une singulière coïncidence, il rendit son âme . à Dieu cent ans, jour, pour jour, après la mort de son prédécesseur en l'art magique,, le célèbre Milanais Joseph-François Bcrri, que l'inquisition avait, . un siècle plus tôt, condamné comme alchimiste, Prophète et hérésiarque.

Quant au Docteur Mesmer, oublié au milieu des terribles événements dont l'Europe était alors le théâtre, il s'éteignit paisiblement, à Mersebourg, le 5 mai 1815.

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