LES PREMIERS FAUX DIEUX
En remontant vers l'antiquité, chez tous les peuples, à toutes les époques, la recherche du merveilleux, les pratiques superstitieuses furent, pour les hommes, un signe d'abaissement moralf pour les empires, une cause de décadence.
Le merveilleux est l'ennemi du vrai.
C'est un mirage attrayant qui attire l'homme par de trompeuses promesses et l'éloigné de la vérité éternelle que les philosophes plaçaient dans la nature et que les croyants placent en Dieu !
Dieu, la nature, la divine harmonie de l'immense tout, produisent au grand jour les miracles quotidiens de leurs splendeurs infinies.
Le charlatanisme et l'imposture opèrent seuls dans les ténèbres.
Si, parfois, les grands pontifes des temples mystiques font remonter à Dieu la cause de leurs prétendus miracles, s'ils mêlent dans leurs invocations le sacré au profane ; ils imitent , en agissant de la sorte, les marchands qui mettent d'honorables étiquettes sur leurs marchandises frelatées.
Les peuples qui délaissent le service de la vérité marchent à grands pas vers le fanatisme et la barbarie.
L'homme sent tellement, partout et toujours, peser sur sa destinée la volonté d'une puissance supérieure à sa nature incomplète, que, quel que soit son orgueil, il s'incline malgré lui devant ce maître invisible et toujours présent qui commande aux hommes et aux choses.
Ne voyons-nous pas dans l'histoire, que chaque fois qu'un homme, poussé par l'esprit de révolte, abat d'une main profane le temple du Seigneur, cette même main reconstruit à côté de l'autel détruit, un autre temple, en l'honneur de ses nouveaux dieux?
Le peuple d'Israël n'a pas encore fini de briser les Tables de la Loi que venait de lui donner Moïse, qu'il se fait couler par Aaron, un veau d'or, dont le métal est fourni par les pendants d'oreilles des
LES AURCIIANDS DE MIRACLES. il
fils, des femmes et des filles de la grande tribu. Depuis Moïse, les hommes n'ont pas changé, et les peuples trouvent toujours un nouvel Aaron, pour reconstruire un autel sur l'autel abattu.