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LA MAGIE MAITRESSE DU MONDE. — TEMPS DES ORACLES. — TEMPLE DE DELPHES

Les anciens croyaient que les dieux manifestaient leurs volontés aux humains, par l'entremise de certains êtres privilégiés.

Les puissants de la terre , les guerriers , les femmes, les hommes libres et les esclaves allaient consulter les oracles en renom , comme de nos jours, on va consulter un grand médecin ou un avocat célèbre.

On comprend sans peine que les énormes profits, obtenus par ces consultations, multiplièrent à l'infini le nombre des oracles, et chaque empire, chaque province, chaque ville, voulut avoir son temple sacré, sa caverne enchantée ou sa montagne divine.

Ce fut l'Age d'or des prêtres et des sibylles,

Nous allons indiquer les principaux oracles, ceux qui furent le plus fréquentés.

.4 tout Seigneur tout honneur.

Nous citerons d'abord le plus fameux :

L'oracle d'Apollon, à Delphes;

Puis ensuite les oracles de : Jupiter Ammon, en Lydie;

Esculape, à Épidaure ;

Trophonius, en Béotie ;

dîmes, en Italie;

Jupiter, à Dodone ;

Apollon, à Claros, à Didyme, et à Heliopolis ;

Junon, à Corinthe, A Nisa, à Égine ;

Diane, à Ephèse ;

Vénus, à Paphos, à Corinthe, à Aphaca et à Byblos ;

Esculape, à Pergame ;

Minerve, à Mycènes ;

Mars, en Thrace ;

Mercure, à Patras ;

Hercule, à Athènes et à Cades ;

Pan, en Arcadie ;

Serapis, à Alexandrie, à Bahylone et A Canope ;

Amphiaratis, à Argos ;

Amphilocus. à Orope ;

Patare, en Lybie, etc., etc.

De tous ces oracles, comme nous l'avons déjà dit, ce fut celui de Delphes qui obtint le plus grand succès.

Aussi, en peu de temps, Delphes, qui n'était primitivement qu'un très-petit hameau, devint bientôt Tune des villes les plus 'florissantes du monde.

La magnificence de son temple était sans égale, et les prêtres de Delphes étaient les prêtres les plus riches de toute la Grèce.

La population de la ville était immense, et les étrangers ne pouvaient compter ses palais et ses maisons, tant le nombre en était grand.

Partout on ne voyait que statues de dieux et de déesses, et l'on eût dit dans cette ville enchantée, que l'Olympe donnait une fête quotidienne aux mortels.

Les anciens regardaient Delphes comme le centre terrestre !

La tradition rapportait que Jupiter, pour connaître le milieu de la terre, avait lancé deux aigles, un de chacune des deux extrémités du monde, et que ces deux aigles étaient arrivés le même jour, à midi, sur la colline du Mont-Parnasse, où plus tard s'éleva la ville de Delphes dont le nom vient, suivant deux versions, ou de Delphos, fils d'Apollon

et de Celaneo, ou du Dieu du Soleil, qui se métamorphosa, un jour, en dauphin, pour charmer les Cretois et conduire leur bâtiment dans le port de Crissa.

De son côté, Pausanias assure que Delphes eut une première splendeur mais que la ville et le temple disparurent, ensevelis sous les eaux du déluge, et que Deucalion et Pyrrha consultèrent l'oracle qui avait échappé au cataclysme; sur le moyen de repeupler cette petite partie de la terre.

Les premiers oracles de Delphes furent Saturne, le temps ; la terre et Neptune, divinités physiques ; Thémis, la justice, et l'oracle d'Apollon le soleil, régénérateur qui réchauffe le monde après l'immersion générale.

L'origine de sa deuxième grandeur est assez bizarre — la voici en quelques lignes que nous traduisons de Diodore de Sicile :

Un pâtre, nommé Corétas, avait conduit son troupeau de chèvres paître au fond de la vallée qui limitait la ville vers le nord.

Tout à coup un spectacle étrange frappe ses yeux...

Ses chèvres se mettent à bondir d'une façon insolite, à pousser des bêlements singuliers, puis elles

se serrent en colonne, se dirigent, comme entraînées malgré elles, vers une large crevasse , une espèce de trou ou de puits naturel creusé dans la terre.

A peine sont-elles autour de cet antre, qu'elles se remettent à gambader de plus belle.

Notre pâtre d'abord très effrayé, finit par prendre courage, le curiosité l'empcfrte sur la peur, il s'approche à son tour.

Miracle ! aussitôt que sa tête est engagée dans l'excavation, il est saisi d'un fol enthousiasme, le délire s'empare de ses sens, il se m'età sauter avec ses chèvres, il chante et pousse des cris insensés, puis, à force de danser, de se démener, la fatigué l'accable, il tombe épuisé sur le sol, couvert de sueur, à moitié mort.

Alors le prodige continue, Corétas se croit transporté dans les cieux, il admire toutes les merveilles du céleste séjour, le livre dû Destin s'ouvre à ses yeux éblouis, il lit dans l'avenir.

Des pasteurs arrivent, il3 sont persuadés qu'un esprit divin habite la crevasse et que ce trou n'est rien moins que Tune des portes de l'autre monde; car, en effet, ceux qui s'en approchent sont à leur tour saisis d'un enthousiasme qui ne le cède en rien à celui deGorétas.

La renommée publia bientôt ces prodiges, et la foule accourut de toutes parts pour en être témoin.

Les prêtres de Delphes (ou plutôt ceux des environs , car Delphes n'en possédait guère avant l'aventure de Corétas), accréditèrent de leur mieux la fable du chévrier.

Us affirmèrent qu'ÀiJollon, par une faveur toute spéciale, venait de iixer sa résidence en ce pays.

Ils s'organisèrent en collège pour exploiter leur nouvelle industrie ; une jeune lille fut désignée pour transmettre $ux hommes les réponses et les ordres d'Apollon Pythien.

Cette jeune fille fut nommée Pythie ou Pythonisse, en l'honneur du glorieux combat qu'Apollon livra au serpent Pithon qui désolait Delphes.

Malheureusement des fanatiques , ou des imprudents se précipitèrent dans le gouffre , sans doute pour voir le Dieu de plus près !

Quelquesprophètes,une Pythie périrent de la sorte .

L'autorité intervint, le trou fut recouvert d'un trépied de fer à jour, permettant aux gaz inspirateurs de pénétrer jusque dans les entrailles de la prêtresse qui s'asseyait sur le trépied, pour rendre l'oracle.

On édifia un temple et on plaça, à son entrée, do

LKS MARCHANDS J)K MIRACLES. 3?

grands vases d'or où trempaient constamment dans Peau lustrale des branches de lauriers, et la peau du célèbre serpent Pithon servit à orner le trépied de la Pythonisse.

Dans les premiers temps des oracles, le choix d'une Pythie était une affaire fort importante poulie collège d'un temple.

Il fallait que la future prophétesse réunît des qualités rares à trouver chez une même personne ; elle devait posséder :

La jeunesse, la virginité, une imagination vive, un esprit enclin à l'exaltation, une beauté qui impressionnât les masses, et avoir autant que possible, une de ces constitutions nerveuses, que nous désignons aujourd'hui sous le nom de tempéraments

hystériques.

Mais un événement inattendu vint changer ces conditions d'admission.

Un jour, un riche seigneur thessalien, qui s'était passionnément épris d'une belle prêtresse du temple de Delphes, parvint, à force dé présents, à corrompre le gardien du temple sacré ; la nuit il pénétra dans le sanctuaire et enleva son adorée, bravant à la fois le courroux d'Apollon et la vengeance des

dieux irrités.

3* LES lUftCinNDS Dlî MlttÀCLES.

On peut juger quelle consternation, quelle colère cet enlèvement sacrilège souleva parmi le collège des prêtres de Delphes !

On réunit on grande hâte le conseil ; et il fut décidé, qu'à l'avenir, la Pythie devrait avoir au moins cinquante printemps, mais qu'on continuerait à la parer des vêtements et des emblèmes delà jeunesse et de la virginité.

On peut croire facilement que l'exploit amoureux du Thessalien ne fut pas renouvelé.

C'était dans la première quinzaine d'avril, à la saison fleurie du renouveau, que la Pythie entrait en conversation avec les mortels ; par suite delà vogue, les représentations augmentèrent, selon les besoins de la cause, et le temple fut plus souvent ouvert que fermé.

Comme de nos jours l'Opéra, il avait ses doublures qui assistaient à toutes les répétitions et devaient être prêtes à passer chef d'emploi du jour au lendemain.

En cas de maladie ou de mort, il fallait éviter les relâches, préjudiciables à la caisse du conseil.... Les prêtres de Delphes voulaient vivre de l'autel !

Nous allons, le plus succinctement possible, indiquer quelles étaient les épreuves préparatoires aux-

quelle» la Pythie était soumise, avant de monter en prophétesse sur le trépied sacré.

On commençait parla soumettre pendant soixante douze heures à un jeûne absolu.

Pendant ce temps elle était ointe sur différentes parties du corps avec des huiles composées de plantes excitantes ; puis, le soir, pour l'achever > on la conduisait prendre un bain dans le bassin de la fontaine Castalie, où Ton avait fait macérer des branches de laurier-cerise.

Elle devait vider un nombre impair de coupes de cette eau et, pendant la nuit, quand les prêtres l'avaient ramenée dans le temple, elle était obligée de boire encore une certaine quantité d'une autre liqueur désignée sous le nom de liqueur prophétique.

Ce régime avait nécessairement pour résultat d'exalter le cerveau de la malheureuse Pythie et de la mettre dans un état nerveux voisin du délire.

Le grand jour approchait où la Pythonisse devait parler.

La ville s'emplissait d'une foule avide de consulter l'oracle, ou seulement d'assister à cette fête imposante.

Enfin, un grondement qui 'augmentait en crescendo et finissait par imiter le roulement du ton-

nerre se faisait entendre dans le fond de l'antre d'Apollon.

Le sol tremblait prêt à s'entr' ouvrir ; — le temple était ébranlé dans sa base, et au milieu d'éclairs et de flammes on voyait les prêtres, revêtus de leurs fantastiques costumes, entraîner une femme échevelée vers le trépied.

A peine était-elle assise, que la Pythie était en proie à de violentes convulsions.

Son visage prenait une teinte livide ; ses cheveux se hérissaient sur sa tête ; ses yeux lançaient la foudre, pour s'éteindre bientôt et garder une fixité plus effrayante encore.

Sa bouche écumait de douleur et de rage, elle poussait des cris inhumains, laissait tomber de ses lèvres quelques paroles incohérentes que les prêtres recueillaient avec des signes mystiques... et c'était tout... l'oracle avait parlé !

Des prêtres du second ordre enveloppaient la pauvre femme de couvertures, comme nos jockeys couvrent leurs chevaux, après une course de La Marche ou de Baden-Baden.

La Pythie était reconduite dans sa cellule et soumise à un traitement substantiel, qui devait lui rendre des forces , pour la représentation suivante.

Quelquefois le tableau s'assombrissait, la scène tournait au tragique et la malheureuse Pythonisse payait de sa vie son enthousiasme passager.

Voici comment s'exprime Amyot dans la langue naïve de son époque :

« La Pythonisse étant montée sur le trépied sacré, « on lui vpyait trembler tout le corps et, à mesure que « les prêtres l'aspergeaient d'eau lustrale, ce trémie blement redoublait à glacer d'effroi les spectateurs. « De telle sorte, qu'un beau jour, les prêtres ayant « voulu trop presser la Pythie pour lui faire rendre « son oracle, elle finit par tomber en un tel état de « rage et de forcénerie que, ne pouvant plus sup- « porter l'esprit qui agissait trop violemment en « elle, un cri terrible sortit de son gosier et elle ex- « pira toute convulsionnée. »

Si nous sommes entré dans d'assez longs détails, sur tout ce qui se passait à Delphes, c'est que Delphes est le grand modèle dont les autres oracles de l'antiquité ne furent que les copies.

A la suite de l'aventure étrange du chévrier Corétas, les mages ou physiciens ne tardèrent pas à se rendre compte de la cause qui avait déterminé le concerto dansant du pâtre et de ses chèvres.

Ils constatèrent qu'il se dégageait de la crevasse

4i LES MARGUANDS DE MIRACLES.

illustrée plus tard sous le nom d'Antre d'Apollon pythien, une vapeur léthifère qui, combinée avec le» senteurs narcotiques qu'exhalaient les plantes nombreuses poussant en cet endroit, devait puissamment agir sur l'organisme des personnes nerveuses.

Us acquirent, en outre, la certitude que certains animaux n'échappaient pas à cette influence.

On comprend le parti que le collège tira de cette découverte dont le secret fut religieusement gardé.

Dans la suite, ce furent des initiés ambitieux qui se répandirent de par le monde, construisirent de nouveaux temples et parvinrent, à force de tâtonnements et de patience, à produire un gaz ayant à peu près les mêmes propriétés que les vapeurs naturelles qui sortaient de la crevasse de Delphes.

L'intérêt commun unit les prêtres des différents oracles et, tout en se faisant concurrence, ils gardèrent mutuellement un silence qui était toute leur force.

Plus tard, selon les mœurs des peuples et l'esprit des temps, chaque temple adopta un rite particulier, se livra à des pratiques plus ou moins mystérieuses et eut recours à lin appareil fantasmagorique spécial, destiné à exalter l'imagination, à éblouir les

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sens et à faire perdre aux hommes le peu de raison qu'ils possédaient.

Les prêtres des temples à oracles possédaient, à leur disposition, une foule de compères plus ou moins assermentés, qui habitaient dans leurs cités, ou logeaient dans les villes voisines.

L'organisation des polices modernes de la jeune Europe ifest rien, si l'on veut la mettre en comparaison de celle que les mages avaient créée.

Toute caravane, toute députation, tout particulier venant pour consulter un oracle étaient, à quinze ou vingt lieues du temple, enveloppés, circonvenus par des espions, des cicérones, des compagnons de voyage auxquels, une fois la connaissance faite, il était bien difficile de ne pas laisser pénétrer, au moins en partie, le motif qui vous attirait, le but que Ton voulait atteindre, l'espoir qui vous guidait !

« C'est de l'abondance du cœur que la bouche parle, » est un proverbe vieux comme le monde.

A une époque où Ton voyageait toujours avec un nombreux cortège d'esclaves et de familiers, les indiscrétions des suivants suppléaient aux confidences du maître.

Tout le personnel 4es hôtelleries oïi Von s'arrêtait

en chemin était, par état, dévoué corps et âme au collège des prêtres.

Les artistes, les artisans, les marchands, avaient aussi un intérêt direct à ce que la réputation brillante du temple attirât un nombre toujours plus considérable d'étrangers dans leur ville.

De leur côté, les prêtres savaient se ménager tout le temps nécessaire pour être renseignés sur les nouveaux arrivants et, sous différents prétextes, ils retardaient le jour où l'oracle devait parler.

En attendant le bon plaisir des dieux, il fallait bien se distraire, employer son temps. Les étrangers faisaient des promenades, visitaient les monuments, les curiosités du pays. „

Partout ils étaient accompagnés par des cicérones, qui avaient pour double mission de les espionner et # de les impressionner par des récits habilement arrangés.

Ici, une grande peinture murale rappelait une punition exemplaire, infligée à un incrédule qui avait médit ou douté de la puissance de la divinité du lieu.

Plus loin , cet homme précipité dans l'espace , du haut de ce rocher à pic, était un avare qui n'avait pas tenu ses promesses enve^B le dieu ou la déesse.

Dans ce monument, ces marbres sculptés, ces vases d'or aux merveilleuses ciselures étaient de magnifiques présents de quelque grand de la terre que l'oracle avait sauvé d'un danger mortel.

Tous ces tableaux étaient bien faits pour frapper l'imagination des futurs consultants, et leur inspirer une grande confiance en la divinité devant laquelle ils allaient bientôt comparaître.

Quand les prêtres se trouvaient suffisamment renseignés sur la position, la fortune et le but du voyage de l'étranger, on le prévenait que l'oracle, satisfait de ses offrandes, avait favorablement accueilli ses sacrifices, et qu'il était prêt à l'écouter et à lui donner sa réponse. Les artistes savaient leurs rôles, on pouvait donner la représentation ....

Tous les oracles, dans tous les pays, à toutes les époques, agirent de la même façon et prirent de % semblables précautions avant d'entendre la demande des profanes.

Quand une personne avait déjà eu recours à l'oracle en d'autres circonstances, la mise en scène était simplifiée.

Lesphysiciens de l'antiquité possédaient des tablettes secrètes à l'aide desquelles ils étaient constamment au courant des faits et gestes de leurs clients.

Ces tablettes mystérieuses , où tout était consigné , feraient , de nos jours, pâlir le livre rouge de la police la mieux organisée.

Cependant si, malgré tous les efforts et toute la bonne volonté de leurs nombreux affidés, les prêtres n'avaient pu obtenir aucun renseignement propre à les éclairer ; si les voyageurs s'enfermaient dans un mutisme obstiné, s'ils n'avaient pour serviteurs, que des hommes dignes de tenir l'emploi de muet du sérail, dans le palais du sultan Saladin, de silencieuse mémoire; comme l'oracle ne pouvait pas rester en affront, il se décidait à parler.... %

Mais alors ses réponses étaient énigmatiques.

Elles se prêtaient à toutes les interprétations et plaidaient avec autant de raison le pour que le contre.

Les prêtres avaient mis toute leur intelligence à créer une centaine de phrases qui se tenaient toujours à une égale distance de l'affirmative et delà négative.

Avec un semblable système, il était assez difficile de trouver l'oracle complètement en défaut.

Ce genre de réponse à double sens devait faire école! aussi, encore aujourd'hui, est-il fort exploité

par nos faux prophètes, nos médiums et nos somnambules extra-lucides.

Citons quelques-unes des réponses ambiguës des anciens oracles :

« Un grand personnage mourra dans Tannée ;

» Il y aura un naufrage vers le nord ;

» Une insurrection éclatera dans le sud ;

» La vie de l'homme est dans la main des Dieux ;

» Le caméléon est changeant, la femme ressemble » au caméléon.

» Méfie-toi d'un homme qui mange ton sel, » etc., etc.

A une époque où la plus petite ville comptait au moins trois ou quatre princes prétendant descendre en droite ligne de Jupiter, il devait forcément mourir plus d'un grand personnage par année.

La vapeur ne prêtait pas encore ses ailes à la navigation t

La marinette ou boussole des Chinois et des Arabes ne date que du premier siècle de l'ère chrétienne...»

8i l'on en juge par ce que nous voyons en mil huit cent soixante-quatre, les naufrages devaient être assez fréquents, il y a quelque trois mille ans !

Chaque empire, chaque province étaient divisés et subdivisés à l'iniini ;

Les Romains seuls avaient divisé leurs possession s en cent vingt provinces ;

Les moyens de communication avec la métropole étaient difficiles, l'humeur du temps batailleuse, les aventuriers nombreux; les insurrections devaient être fréquentes.

« La vie de l'homme est dans la main des Dieux ! »

Il est de fait que depuis que le monde est monde, chaque homme meurt à son heure, qu'il soit disposé ou non à faire le grand voyage.

Quant aux deux derniers oracles, l'histoire de l'infidélité de la femme est ancienne! Eve trompa notre premier père avec le serpent, et les Judas sont malheureusement de toutes les époques.

Du reste, les grands hommes de l'antiquité, tout en se servant des oracles, pour impressionner le peuple, s'arrangeaient de façon à ce que les prédictions fussent d'accord avec leurs projets.

Démosthènes s'écriait : « la Pythie philippise, » en voyant les prêtres de Delphes faire toujours parler leur oracle en faveur de Philippe de Macédoine ; il est vrai que ce prince les avait menacés de réduire le temple et la ville en cendres, la première fois que l'oracle se permettrait d'avoir un avis op- ' posé au sien.

L'histoire nous apprend encore qu'Alexandre le Grand se fit reconnaître de force comme fils de Jupiter Ammon par la Pythonisse qui prophétisait au nom du maître de l'Olympe.

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