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LES ARUSPICES

Les Aruspices se livraient à des pratiques mystérieuses qui, néesenÉtrurie, s'étaient développées à Rome et en Grèce.

Ces prêtres étaient chargés d'examiner ; 1° le foie, les entrailles et les chairs palpitantes des victimes que l'on devait brûler en l'honneur des dieux ; 2° La flamme du bûcher qui les dévorait ; 3° L'encens, le vin, l'eau, la farine et toutes les choses employées pour le sacrifice.

Aruspice arrivait vêtu d'une robe courte, la tête couronnée de fleurs et la main droite armée d'un long couteau pointu, ressemblant au scalpel d'un médecin.

Les victimes étaient conduites au bûcher, recouvertes de pourpre et la tête ornée de bandelettes aux mille couleurs.

Quand la cérémonie commençait, le premier soin des prêtres consistait à regarder si les malheureuses bêtes que la flamme allait dévorer, paraissaient se diriger de bonne grâce ver3 le bûcher ou si leurs conducteurs devaient employer la ruse et la force pour les contraindre au trépas.

La façon dont le bûcher s'enflammait, le côté vers lequel la fumée s'en allait, étaient des indices qui guidaient les aruspices.

Après sa mort, on ouvrait le cadavre de la victime avec le couteau sacré, et on se livrait à l'inspection de son foie et de ses entrailles, pour y trouver des présages mauvais ou favorables.

Une légende populaire faisait à tort remonter au fondateur de l'empire romain , Romulus, la création du collège officiel des aruspices; ce ne fut que huit cents ans plus tard que Claude, organisa l'haruspicina, lorsque la soldatesque l'eût porté au trône impérial , après l'assassinat de Galigula.

Soixante prêtres furent désignés pour faire partie de ce nouveau corps d'état et, pour donner plus d'éclat à cette nouvelle institution, l'Empereur plaça un Magister Publicus à sa tête.

A défaut d'autres qualités, Claudius Tiberius Drusus, le mari de Messaline et iïAgrippine, pratiquait la

reconnaissance à sa manière ; il défendit les avocats qu'il autorisa à toucher des honoraires , il ouvrit les portes du Sénat aux Gaulois, ses compatriotes, et protégea et patronna ses anciens collègues les Aruspices et les Augures.

Malheureusement, le sacerdoce n'avait pas adouci les mœurs de ce flegmatique bourreau : l'histoire nous le montre, au milieu d'un festin, faisant tuer des hommes avec autant de facilité qu'un chien étrangle le gibier. ( Tarn facile homines occidebat quam eanis excidit. )

On lui reproche la mort de trente-cinq sénateurs, de trois cents chevaliers et d'une grande quantité de femmes appartenant à l'aristocratie romaine.

Il condamnait les accusés sans les voir, sans les entendre, entre deux rasades, et, le plus souvent, il oubliait, le lendemain, le nom de la victime qu'il avait fait périr la veille.

Parfois, le comique se mêlait au tragique.

Quelques jours après avoir fait trancher la tête à la femme d'un sénateur nommé Scipion, l'Empereur Claude invite le veuf à dîner, il fallait obéir ; Scipion se rend à l'ordre de son souverain.

Claude était de bonne humeur :

— ;Mon cher Scipion, dit au milieu du repas l'Era-

pereur en vidant sa coupe, je bois aux charmes de votre charmante femme, dites-lui que je regrette de ne pas la voir plus souvent au Palais.

Ces paroles qui eussent été un raffinement de cruauté dans la bouche de Néron, n'étaient, dans celle de Claude , que le résultat d'une absence de mémoire.

La honte éternelle de Sénèque est d'avoir déifié, vivant, ce sanguinaire idiot couronné que, mort, il devait traîner dans la boue.

Mais laissons Agrippine empoisonner Claude et revenons aux aruspices.

Le sacré collège de rharuspicina, quoique tombé en discrédit, continua ses sacrifices à Rome jusqu'en Tannée 419 de notre ère.

Ce fut le Pape saint Boniface qui obtint de l'empereur Honorius, une loi prononçant la peine de la déportation contre tous les Mathematici ou Devins.

A la même époque, les évéques condamnèrent leurs livres à devenir la proie des flammes.

Les dernières institutions païennes allaient disparaître.

Le Christianisme triomphait !

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