NOTICE
« Les mystères du Seigneur sont impénétrables, et l’on se demandera peut-être pourquoi il a voulu que notre époque seule eût le bonheur de découvrir le Sirop de platine pulvérisé !
» Le vrai sage, à pareille demande, courbe la tête en murmurant :
D Fiat voluntas ! Puis il la relève pour s’exalter en actions de grâces.
» Car, — ainsi que l’a dit notre illustre Ducastor, — le Sirop de platine pulvérisé est un remède béni.
» Modeste instrument des décrets célestes^!. Brigandeau-de-Saint-Français, pharmacien, chimiste, hygiénique, n’a d’autre désir que de propager une découverte dont il se plaît à attribuer l’initiative à l'Inspirateur suprême de toutes les grandes pensées.
» Le Sirop de platine pulvérisé est le fruit de vingt an-
iées de recherches infatigables. Vingt autres années l’expérienees en ont consacré et sanctionné le succès.
» Arrière donc toutes les compositions ferrugineuses de a routine ! Place au platine ! qui, de même qu’il était le dus précieux des métaux, en est devenu le plus utile.
s Le Sirop de platine se vend 150 francs la demi-boucille ; on reprend les bouteilles pour 20 centimes.
» Guérit spécialement et uniquement :
» La dyspepsie, l’apepsie, le catarrhe, la rage, la phti— ie, les rhumatismes, les tempéraments échauffés, lesteméraments relâchés, la teigne, le scorbut, la goutte, les îaux de dents, les coupures, foulures et brûlures, le eaner, la petite vérole, les angines, les fièvres typhoïdes, muueuses, malignes, bilieuses, goitres, loupes, apoplexies, iis sur l’œil, dyssenteries, verrues sur le nez, hépatites, îils de perdrix, carie des os, durillons, etc., etc., etc...
» 9,875,734 certificats, tous signés des noms les plus tut placés, attestent les prodiges opérés par notre sudme invention.
T> Nous en citerons quelques-uns au hasard :
Numéro 7,361,424.
« Monsieur Brigandeau,
» Je croirais manquer au plus impérieux de lous mes
» devoirs, si je ne vous envoyais le témoignage durable de b ma reconnaissance éternelle.
» Depuis trente-neuf ans, neuf mois et onze jours, je » souffrais d’un cancer, que tous les marchands de santé » avaient déclaré incurable.
b J’ai bu seize cuillerées h café de votre divin Sirop de b platine et, aujourd’hui, — à l’âge de quatre-vingt-treize b ans, — je mange un pain de deux livres, et six plats à b chaque repas.
b De tels faits ne sauraient être trop répandus dans l’inb térêtde l’humanité souffrante.
b Agréez...
» DU GODlN,
si Ncveti du cousin de la tante d’un ancien ohicief ministériel. »
Numéro 4111, lli.
« Monsieur;
b il y a trois jours, je tombai d’iin second étage, en ar~ b rosant mes fleurs.
. » Par un hasard qui m’a sauvé la vie, j’étais tombé, monsieur, sur la tête d’un des plus fervents admirateurs de votre inimitable Sirop de platine , M. Durupot, dont le tils est entré le dix -septième à l’École Philotechnique cette année.
» M. Durupot était blessé à la tête, moi à l’estomac ; car le choc avait été terrible.
» Mais tirant sans s’émouvoir de sa poche un flacon de Sirop de platine qu’il porte toujours, M. Durupot en but deux gorgées, m’en fit avaler trois, et, le soir, nous faisions ensemble un bischoff au billard en trente^cinq secs.
» En attestant la véracité de ces faits surnaturels, je me dis, monsieur, i.
D CORNIVEÉ, *
i Rentier. »
Numéro 8,234,517.
« Monsieur,
» Je crois devoir m’empresser de vous informer d’un cas de guérison instantané qui s’est passé sous mes yeux.
3 Ma fille se plaignait de douleurs de tête épouvantables.
» Sur la recommandation d’un vieil ami de la famille, je » fis acheter une bouteille de votfe magique Sirop de plu- A \ » Une pulvérisé.
» A peine la bouteille fut-elle apportée que ma fille dé-*> » Clara elle-même qu’elle ressentait un soulagement sou- » dain.
» Au moment où j’ai l’honneur de vous écrire, nous » n’avons pas encore débouché la bouteille et le mieux con- » tin ue.
» Je vous dois la vie de ma chère enfant, monsieur, et » je tenais à le proclamer bien haut en saluant en vous un » des bienfaiteurs de la société.
» Rccévez, etc.
» ADÉLAÏDE BORYLAS,
» Demeurant dans la même maison que M. le général 8e Pardinel. »
— Savez-vous, lit Onésime après avoir acl que ce Sirop de platine pourrait bieîl être excellente chose?...
— Comment donc!... Et les autres remèdes que vous oubliez, répondit Hclleborus... Ils ont. pourtant des intitulés singulièrement attrayants...
rien dans les mains, tout dans les poches 133
En parlant ainsi il feuilletait la collection de ’ospectns :
HUILE CONCENTRÉE D’ARÊTES DE CROCOD1LLES
remplaçant