‹ Les marchands de santé (volume 2)Chapitre 18 sur 59 · POUR LES POITRINES DÉLICATES · texte numérisé non relu

POUR LES POITRINES DÉLICATES

— Mon Dieu! interrompit Onésime, je ne vois s ce que vous trouvez d’extraordinaire à ces couvertes... D’ailleurs, ainsi que je viens d’en re la remarque, elles fournissent la preuve ce qu’elles avancent.

— Les preuves même; car il en est de deux tes : les preuves écrites, dans le genre des cer-

cats qui ont eu le bonheur de vous toucher, il

a qu’un instant, et les preuves vivantes que is ne connaissez probablement pas.

— Ne pouvez-vous me renseigner?

— Messieurs de la pharmacie ne m’en laissent pas le loisir, ils ont tout prévu, tout prévenu.

Jugez-en par cette note que je rencontre au bas de tous les prospectus :

Nota bene . — c< Afin de mettre le public en garde contre » les supercheries dont tant de maisons indignes se sont » rendues coupables, nous avons adopté le meilleur moyen » de confondre l’incrédulité et de déjouer la fraude.

» Chaque jour, de midi à quatre heures, les personnes

» qui le désireront pourront s’entretenir dans notre ma- » gasin avec les malades qui ont été guéris par notre pré- » parution et dont l’obligeance s’est mise gracieusement à » notre disposition. »

Pour le coup, voilà qui est décisif, fit Onésime. Quel est le remède dont il s’agit?

— Du premier au dernier, je vous ai dit qu’ils

étaient tous ornés du même nota.

— Des malades attestant eux-mêmes leur propre guérison ! Ce n’est pas sur la terre que ce système serait possible avec les duperies des exploiteurs de mauvaise foi.

— Il me semblait pourtant qu’on y avait ima~ iné quelque chose d’analogue...

— Quoi donc?

— L’enfant d’une carpe et d’un lapin dont on ;e pouvait jaimÿs montrer que le père et la aère...

— Le trait peut être spirituel, j’avoue toutefois (ue je ne saisis pas l’analogie...

— Eh bien ! en voici une application qui ’avance à propos.

l’ homme-certificat

Un homme venait en effet au-devant d’Onésime et de son compagnon.

Quand il fut auprès d’eux, il ôta respectueusement son chapeau, dont les bords ployaient sous le poids des ans, et d’un ton obséquieux :

— Veuillez m’excuser, messieurs. Je suis sans place depuis un mois, et si l’un de vous pouvait m’occuper...

— Vous occuper à quoi? demanda maître Helleborus.

Page 1