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La crise avait été affreuse.
Tant de vicissitudes, couronnées par une ruine complète, avaient ébranlé le physique et le moral du pauvre Onésime, qui était devenu réellement malade.
Aussi un matin, interpellant son compagnon avec des larmes dans la voix :
— Écoutez, maître Ilelleborus, je sens bien que je suis très-mal.
Je ne vous ai pas fait de reproches jusqu'à pré-
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sent, quoique vous soyez en grande partie la cause de mes infortunes... mais, par grâce, ayez pitié de moi.
Vous savez ce que j’ai enduré, vous savez ce que j’ai perdu, vous ne refuserez pas de me rendre un suprême service.
Maître llelleborus, si l’on ne me soigne consciencieusement, c’en est fait de moi.
N’y a-t-il pas, dans toute la planète Fantasia, un docteur à qui on puisse accorder sa confiance ?
— Mon cher Du Tilleul, il en est un.
Celui-là est le docteur vraiment digne de ce nom et non pas le marchand de santé odieux ou banal.
Il est modeste comme la véritable science doit
l’être toujours. Il est désintéressé, parce que sa
plus douce récompense est dans le sentiment des
services qu’il rend.
Il n’a jamais fatigué la réclamé de son nom, parce qu’il comprend la dignité du sacerdoce qu’il exerce.
•Jamais un pauvre ne l’a appelé en vain, parce que pour lui tous les hommes sont égaux devant la souffrance.
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Jamais il n’a donné un diagnostic erroné, parce que, dans l’incertitude, il a le bon sens de s’abstenir.
C’est en un mot, mon cher Du Tilleul, le doc.* teur tel que tous devraient être.
— Oh ! maître Helleborus, conduisez-moi chez lui, supplia Onésime.
— Volontiers, répondit celui-ci avec une intonation singulière...
Et quand ils furent arrivés :
— C’est ici, dit Ilelleborus en sonnant à une porte de pauvre apparence.
Une vieille femme passa la tête à une lucarne.
— Qui demandez-vous?
— Monsieur le docteur Loyal.
— 11 n’est plus ici.
— Ah! il est déménagé?
— Oui, un fameux déménagement, ce cher
brave homme.
— Et où demeure-t-il?
— Au grand cimetière!...
— Comment, mort!... Et de quoi?
— Parbleu, de misère!...