‹ Les marchands de santé (volume 2)Chapitre 8 sur 59 · UNE VOITURE, BOURGEOIS · texte numérisé non relu

UNE VOITURE, BOURGEOIS

pas eu le bonheur de lui plaire, et il nous dédaigne.

— Si j’avais su, j’aurais infligé à ce maroufle...

— De la violence? — pour être condamné à une indemnité.

— Vous avez raison ; au moins doit-il y avoir des règlements...

— Il y en a un qui se compose de plusieurs

centaines d’articles, tous conçus de façon à corriger les abus. Malheureusement les règlements ont été donnés au cocher pour lui procurer la satisfaction de les violer.

— C’est un peu comme cela sur terre.

— Ne vous étonnez point qu’alors ce soit beaucoup comme cela dans la planète Fantasia... Toujours le grossissement des abus que je vous avais annoncé... Cocher!... cocher!...

Maître Ilelleborus hélait une seconde voiture.

— Vous êtes trop grand, répondit le cocher, vous fatigueriez mes bêtes.

— Cocher! cocher!...

C’était une troisième voiture.

— Merci, il ne doit pas y avoir gras dans vos poches, fit le cocher en passant outre.

— Cocher !... cocher!... cocher!...

Ils en appelèrent ainsi successivement une douzaine qui se promenaient à vide,' tandis que les places affectées au stationnement restaient dépourvues de tout véhicule.

Des douze cochers, chacun motiva son refus d’une façon différente.

Celui-ci, parce que la course était trop longue ; celui-là, parce que la mine d’Onésime ne lui revenait pas; cet autre, parce que la mise d’Helleborus n’était pas assez élégante; ce quatrième, parce qu’il s’était promis de ne jamais conduire que des personnes décorées..., etc.

Enfin, après des recherches multipliées, les voyageurs finirent par découvrir un treizième cocher qui consentit à les emmener, non sans avoir au préalable dicté des conditions draconiennes, telles que :

1° Aller au pas, parce que son cheval avait chaud ;

2° Descendre de dix en dix cabarets, parce que le cocher de son cheval avait soif;

3o Déposer les voyageurs en route, s’il en

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