‹ Les marchands de santé (volume 3)Chapitre 20 sur 79 · LES VAUTOURS DE LA PUDL1C1TE · texte numérisé non relu

LES VAUTOURS DE LA PUDL1C1TE

— il y aurait de quoi renoncer à la profession.

— Monsieur, d’où souffrez-vous ?

— Monsieur, vous devez avoir quelque chose %

de démis?

— De déboîté?

— De luxé?

— D’ecchymosé?

— Soyez sans crainte, je vous remettrai sur jambes avant quinze jours.

— Moi avant huit.

— Moi avant six.

— Moi avant quatre.

— Monsieur, n’est-ce pas que c’est moi que vous choisissez pour docteur?

— N’est-ce pas que c’est moi, monsieur ?

Le sourd ne répondait pas, par l’excellente raison qu’il n’entendait pas un traître mot de ces questions multipliées.

— Monsieur!... insista un des marchands de santé. Eh!... Monsieur...

— Monsieur!... répétèrent tous les autres.

Le sourd, surpris par ce tutti imprévu, risqua un léger mouvement.

— il m’a l'ait signe.

■ — C’est à moi !

.• . — Je Fai bien vu peut-être.!

— Et moi donc !...

— Vite que je le soigne à tout risque.

— Je vais lui appliquer une compresse ü’eau sédative.

— Encore un coup, c’est moi qu’il a choisi...

Leà agents, voyant que la lutte menaçait de se prolonger, jugèrent nécèssaire d’intervenir.

— On va reconduire monsieur à son domicile et là il vous fera demander si bon lui semble.

— Veuillez en ce cas prendre du moins mon nom, répliqua un des marchands de santé, en tendant sa carte à l’agent. Vous serez assez bon pour faire mettre en toutes lettres dans les nouvelles diverses des journaux qui ne manqueront pas de raconter le fait que c’est le docteur Ricochet qui a prodigué au blessé les premiers secours.

— Par exemple!... ne l’écoutez pas et acceptez une carte, afin de faire constater que c’est le docteur Maniveau qui, avec un dévouement audessus de tout éloge...

— 11 ferait beau voir, qu’on méconnût le droit à ce point! c’est moi le docteur de Grandpré, rue de la Mule, 1233... Vous entendez, répéta-t il

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