‹ Les marchands de santé (volume 3)Chapitre 21 sur 79 · LES VAUTOURS DE LA PUBLICITÉ · texte numérisé non relu

LES VAUTOURS DE LA PUBLICITÉ

n se tournant vers le cercle qui s’était formé au- }u r d’eux... rue de la Mule, 1233... S’il y a, ajoui-t-il d'un air insinuant, dans l’honorable société ui m’environne d’autres personnes qui désirent ion adresse je puis la leur distribuer...

— C’est bon! c’est boni... intervinrent les agents. On la connaît celle-là.

— Permettez, insista un marchand de santé... ’intérêt de l’équité exige qu’on éclaircisse la piestion... N’est-ce pas, monsieur, que c’est moi ; [ui vous ai soigné?

— N’est-ce pas que c’est moi ! redit aussitôt •son collègue...

— N’est-ce pas?..

— Vous allez vous disperser, intervinrent les agents d’un air bourru.

Maître Helleborus, qui avait tenu à ce qu’Onésime assistât à cette scène, vit qu’elle tirait à sa fin.

— Vite , dit-il , esquivons-nous avant qu’ils aient le temps de s’attacher de nouveau à notre poursuite... Allons, cocher!

— On y va.

Le monsieur sourd cependant avait été remis ' sur jambes.

™ C’est égal, pensa chacun des marchands de santé, un homme atteint de surdité peut devenir un client, ne te quittons point.

Et ils emboîtèrent le pas derrière lui, tandis . qu’on entendait la vois des agents maugréer en s’affaiblissant :

— Circulons!... circulons!...

Quant au cocher, lorsqu’il jugea la représentation bien terminée, il se décida à repartir, tout en grondant :

— Voilà-t-il pas ! pour un sourd.de plus ou de moins!... J’en ai écrasé de plus beaux qui n’ont pas crié si fort.

LE QUARTIER DES MALADES

On était arrivé à destination.

Le quartier des Malades s’offrait aux îegaids des deux voyageurs. Rien que par l’odorat un aveugle aurait d’ailleurs reconnu la localité.

Dans toutes les rues régnait cette odeur vaguement âcre et subtilement fade qui est le produit incestueux de la pharmacie et de la maladie.

La voiture roulait sourdement sur la paille

répandue de toute part.

Onésime avait mis la tête a la portière.

Devant lui défilaient des séries interminables de maisons coupées, de distance en distance, par des édifices plus vastes et — qu’on me pardonne ce néologisme, — à l’aspect caserneux.

Les maisons les plus petites étaient toutes des maisons de santé, ainsi que l’attestaient des enseignes placées sur chacune d’elles et rehaussées de noms plus alléchants les uns que les autres.

C’était :

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