LES DESSOUS DE CARTES
le vous raconter. Il pense en ce moment au moyen de vous faire définitivement évincer de la maison de votre fiancée, auprès de laquelle il veut Drendre votre place.
— Vous en avez menti, riposta le monsieur au serment.
— C’est vous qui mentez !
— Non, parbleu ! C’est vous qui êtes, un drôle le vous mêler de ce qui ne vous regarde pas, ■surenchérit fami qu’on avait voulu éclairer.
— Comment, vous aussi!... balbutia Onésime d’un ton de reproche.
— Oui, moi aussi!... Apprenez, espèce de manant, que dans ce pays-ci on ne se fait pas un jeu Me l’amitié.
— Je le vois parbleu bien!...
— Est-ce une insulte? Prenez-garde !
Si maîtrp Helleborus ne s’était pas interposé, la dispute aurait pu dégénérer en bagarre.
— Aussi, dit-il au descendant d’Argan, quand ls furent hors de portée de la voix, aussi pourquoi vous aviser d’intervenir?
— Pouvais-je le laisser abuser indignement ?
— Non-seulement vous le pouviez, mais vous
LES MARCHANDS DE SANTtë
le deviez. C’est à vous-même qu’il convient d’appliquer les enseignements que vous tirerez de la seconde vue que je vous ai donnée... Et je vous réponds que vous aurez assez à faire comme cela.
Probablement la remontrance avait produit son effet ; car, à quelques pas de là, comme ils avaient croisé deux dames, qui échangeaient les plus affectueuses politesses :
— Si elles savaient réciproquement, se contenta de grommeler Onésime, que le mari de chacune d’elles fait la cour à F autre... Mais je ne comprends pas ce que j’éprouve... Une soudaine défaillance... Bien sûr c’est quelque fièvre maligne.
— Dites donc que c’est la faim... Depuis temps que...
La phrase fut scindée par ,un incident des étranges.
VJ