DIALOGUE DE CORBEAUX
Il devait en entendre bien d’autres.
Le temps marchait sans que rien présageât à l’infortuné la fin de son supplice.
L’heure fatale arriva.
Deux individus, au vêtement sombrement uniforme, pénétrèrent dans la chambre.
C’étaient les croque-morts.
Les excellentes gens, tout en procédant à leur besogne, dialoguaient :
— Comme ça, t’es amoureux ?
- Que veux -tu? Ca ne se commande pas.
— Et elle est jolie?
Une gaillarde! Cinq pieds trois pouces... sans compter un commerce de vin qui est achalandé... Tiens bon la planche.
— Un commerce de vins... Je serai ta pratique, parce que, tu sais, c’est mon faible.
— Farceur... Passe-moi les vis.
Et est-ce que tu quitteras la partie, si tu te maries?
— Plus souvent !
— A la bonne heure!
— Quand une fois on y est habitué, impossible de changer.
— C’est comme moi.
— Parole ! Si je n’avais plus mon petit traintrain de tous les jours, ça me ferait faute !
— C’est pourtant vrai. Est- ce drôle de s’attacher comme ça... Gristi ! il n’est pas léger le particulier.
— Un homme de poids.
— Hé! hé!
Tu sais qu’il y aura des discours, à ce qu’on dit.