DANS L*ARG-DE-TR10MPHE
Un déjeuner en (ête-à-lête avec elle — qui m'a congédié par autorité de portier^, A cette pensée, ma rage...
iJon Dieul que cet escalier est roido
QUATRIÈME ÉTAGE (Andaniéi.
Le monsieur monte modérément :
— Je voudrais bien être sûr tout de même que Ton ne souffre pas en tombant... Personne n'est revenu le dire...
Trois cent quatre-vingt-dix-sept, trois cent quatre-vingt-dix-huit... Y en a-t-il de ces marches!...
J'avais pourtant un oncle dont j'étais susceptible
d'hériter i. ..Le choc doit être abominable.
Un oncle sans postérité, asthmatique et plein ae bolmes dispositions pour moi.
Trois cent quatre-vingt-dix-neuf... quatre
cents... Déjà quatre cents marches. ••
Mon Dieu I que cet escalier est roide 1
CINQUIËBIE ÉTAGE {Piano).
Le moDsieur monte doucement :
— Je touche au sommet...
J'aperçois le jour... le jour qui va être le dernier des miens I
Cette réflexion est gênante, quoi qu'on fasse... Dans quelques secondes. . .
Il y a beaucoup de gens qui trouvent cela bête de se tuer pour une femme, ^quand il en existe tant sur la surface du globe.
Les autres ne sont pas elle !
Elle dont les cheveux*. Ils tiraient bien un peu sur le rouge» et je crois qu'elle mettait une fausse natte...
Mais ses yeux?... Le bleu en était légèrement gris, et la pupille droite ne suivait pas toujours très-scrupuleusement les évolutions de la pupille gauche.
Qnantàson teint... Éclatant... très-éclatant 1...
Seulement, sans poudre de riz. on voyait tout
DANS i/arc-db-triomphb 129
atitonr des pommettes des tacbes de rousseur.. • Parbleu ! il est certaio, à bien prendre, que ce
n'était pas la Vénus de Médicis 1 Mon Dieul que cet escalier est dope roide)
SIXIÈMB ÉTAGE (Pianissimo),
Le monsieur monte aussi doucement que pos* sible :
— J'ai le pied sur la dernière marche...
M'y voilai..
On découvre tout Paris d'ici !.• .
Là-bas le Luxembourg, où j'aurais pu avoir plus tard des tableaux... J'étais en passe d'obtenir une seconde médaille.
A vingt-cinq ans !... c'est joli.
Car je n'ai que vrngt-cinq ans!
11 est tout de même barbare de se moissonner soi-même dans sa fleur, quand on est porteur de ses trente-deux dents, qu'on jouit d'un estomac...
Pour Pestomac je n'ai pas mon papeil.*.
A tel point qae — malgré ma sitoation^ que j'oserai qualifler de tendue, Tascen^on m'a creusé^..
Cest-à-clira que j'ai^une faim dévorahte, moi I
Je ne demande qu'à vivre du premier au dernier de mes organes, et je vais saper par la base une des œuvres les plus réussies qu'ait perpétrées depuis longtemps le Créateur!...
Hein?... Qu'ai-je entr'aperçu!
Le Château des fleurs qui illumine sa fa* çadel. .
Des bruits de valse me parviennent par bouf» fées ironiques.
Moi qui Tadore, la valse...
Pas de bêtises!;... G'estiquele vertige me prend ici... Je serais capable de tomber en regardant en bas... ce qui ôterait à mon décès tout le mérita de l'initiative.
Du moment où le libre arbitre n'est plus maître de lui-même, je n'en veux plus.
Attendsrmoi un peu> Château des fleurs, moni atni.
BANS L*ARC-DK-TRIOMPHH 131
Mieux vaut pouiroir au remplacement de riugrate, dont la démission est acceptée.
(n reprend F escalier à contre sms)
Pas si vite donc, l'orchestre t la valse sera .finie I
Bahl ils en joueront une autre quand j'aurai diné. . . Je deviens philosophe.
C'est égal !.. • je suis tout de même trop béte de m'étre donné une^- GeQrl)atuis8 pour une coquette pareille.
Je ne tiens plus sur mes^ jambes...
Si jamais l'envie me reprend d'en finir avec le Boleili je ne choisirai plus TÂrc-de-Triomphe 1...
L'escalier est décidément trop roidel..*
LARDBNOIS ET BLAIREAU
toBNB mmiB.