PREMIER TABLEAU
Lardenois et Blaireau, une, paire d'amis» sont installés devant une table de café.
Les deux consommateurs paraissent énormément prédisposés à Témotion.
Le ton de leur dialogue a atteint de telles so-
LARDEfNOIS ET BLAIREAU 133
norjtés, que le public d'alentoar est appelé à jouir gratuitement des attraits de leur colloque.
LARIEN0:S.
A la tienne I... Gré coquin I Des amis comme nous i Si nous prenions un blschoil ?
VLAIREAIT.
Non, merci... 11 faut que je rentre. Tu sais que je t'ai prévenu.
' UROENOIS.
C'est ça. Avoue donc tout de suite que tu as peur de ta femme I
BLAIREAU, M redressant avec une mâle fierté.
Peur de ma femme, moi !... j'ai peur?...
— Qu'est-ce qu'il y aurait d'étonnant? avec ça
qu'elle est commode !
— Je ne suis donc pas un homme alors?
— Écoute, c'est pas pour dire, mais ton épouse ellemerevient tout juste... Enfin, suffit. Tu la
134 MAISON JAMOUR' BT €*• '
tnouTGs bien, ta ne teux pas la coDlrarier. Ti^ e» dans ton droit.
— Lardenois, nous sommes des amis, pas yrai I... Et tu crois que je renierais jamais Tamitiépouf...
*- Qu'est ce qui peot savoir? Le^rtam, c'est que tu refuses mon bischoff. C'est moi, à ta place, qui m'en moquerais un peu de ma légitime.. . chacun son caractère.
— * Et moi Je n'en ai donc pas, du caractère?
— Penh 1
BLAUISAU, d'une Toix tonoante«
Âbl je n'en ai pasl... Garçon t garconllgarçoiUl!... Un bischoff! deux biscboffs I
tARDENOISy perfidement.
Tu vas te faire mal. Non, garçon I
— Garçon I vous m'avez entendu?
— G* est que, vois-tu. Blaireau, je ne voudrais pour rien au monde être une cause de zizanies dans ton intérieur.
LARDENQISt ST BLAIEKAU 135
— Toi!..., jDftoa ami limon seul amil... A la lieonel
(Ils trinquent.)