‹ Les marchands de santéChapitre 4 sur 166 · UN AMI SURNATUREL Î · texte numérisé non relu

UN AMI SURNATUREL Î

l'heure. Vous êtes malade, mon cher monsieur Arg..., je veux dire Du Tilleul.

— Qui vous a dit?..

— Personne ; je le sais. Vous êtes malade ou vous croyez l'être.

— Je le suis.

— Accordé, — c'est chez vous une conviction de famille. Et tenez, précisément au moment où j'entrais ici, vous étiez occupé à chercher dans votre tête quel genre inédit de médecine vous pourriez bien appeler à votre secours.

— Qui donc êtes-vous pour lire ainsi à travers ma pensée?

— Un ami... que vous n'avez jamais vu, mais qui vous porte intérêt et a résolu de venir à votre secours.

— Appartiendriez-vous à la Faculté ?

Linconnu sourit d'une façon légèrenient ironique, puis reprenant de sa voix pénétrante :

— On me nomme maître Helleborus, mais les sciences de la terre sont trop peu de chose pour que je leur consacre un temps précieux ; c'est aux connaissances surnaturelles que je me suis voué exclusivement, et c'est par les

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parle , j'en ceiuuâs treate-neuf mille sept cent soixante et onze plamètes*

Ce chiffre donna la chair de poule au pauvre Du Tilleul.

— Trente-neul mille sept cent soixante et onze avec lesquelles ie suis en communication suivie. Par Tenter, voilà des voyages qui forment Tesprit et le cœur! J'ai précisément résolu de vou^ en faire faire un avec moi, mon cher ami.

— Un voyage dans les planètes !

— Qornes de Belzéhuth ! comme vous y aflez ! . . . Mifle existences comme . la vôtre n'y suffiraient pas et vous voudrez bien, j'imagine, vous contenter d'en visiter une seule; celle qui porte le numéro d'ordre 29,388 est distante de ce globe de 49 millions de lieues et figure dans la géographie des mondes sous le nom de Planète Fmitasia.

— Mon Dieu, monsieur, balbutia Onésime, ce serait avec infiniment de plaisir; toutefois...

— Ne mentez donc pas ! Bien loin d'éprouver le

moindre plaisir, vous ressentez une frayeur des plus violentes et mourez d'envie d'appeler à votre aide. Argan Du Tilleul, mon bon, vous êtes un ingrat et vous mériteriez presque que je vous abandonne à votre piètre destinée.

— Je vous jure...

— Que vous êtes à demi mort de peur. Eh ! corbleu ! c'est pour vous empêcher de mourir tout à fait que je suis venu. L'exemple de votre ancêtre ne vous a servi de rien et vous vous préparez comme lui à trépasser non de la maladie, mais du médecin. Une fois par hasard, je veux faire une exception. Cette faculté de lire dans la pensée dont je vous ai fourni tout à Theure la preuve, vous la posséderez ainsi que moi pendant tout le voyage que nous allons entreprendre.

Tâchez de vous en montrer digne et d'en savoir tirer profit.

La planète Fantasia vous offrira — spécialement pour le sujet qui vous intéresse, — matière aux plus curieuses observations. Qu'elles ne soient pias perdues pour vous.

Au surplus, je serai là pour veiller et pour vous souligner la morale de la fable, quand vous aurez

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