‹ Les marchands de santéChapitre 59 sur 166 · UNS GARDE-MALADE · texte numérisé non relu

UNS GARDE-MALADE

Une cbambre éclairée par la laeur tremblotante d'une yeilleuse. Dans la chambre un lit. Dans le lit un moribond. Près da lit une vieille femme.

Le moribond c'était Onésime» à qui les potions de la somnambule avaient porté le dernier coup.

La vieille femme, c'était une garde -malade.

— Madame, fit le malheureux.

-— Rrron ! Rnron ! Rrron !

*— Madame I

— Rrrron ! c— Madame I

— Hein ! s'il y a du bon sens de cner comme ça... Qu'est-ce qu'il vous faut encore?

— Mon ami Helleborus n'est pas revenu?

— Puisqu'on voua a <lit qu'il devait être trois jours absent.

— Pourquoi?

— Est-ce qu'il me l'a conté ?

— J'ai bien soif!

— Vous me permettrez bien, je pense, de faire mon café noir auparavant... Vous savez que j'ai jeté celui que j'ai trouvé. Je ne prends que du café que je mrads «toi-néme... Voire vin ne valait rien non ptos à mon estomac, il était trop froid. J'ai commandé 'vingt-cinq bouteilles de vieux... A propos, est-ce que vous n'avez pas une bonne pour me met mes Muliers le matin et me faire mes raies?... Ne vous tourmentez pas, j'en demanderai une au bureau, parce que les gros ouvrages, ça ne me regarde pas... Et puis on tient à ses cheveux, n'est-ce pas? C'est ce qu'on a de mieux conservé...

URB GARUE-lfJlLADS 255 '

— Pai bien soif...

— C'est convenu... quand mon café aura bouilli... Est-il exigeant cet être-là!.. Avec tout ça, je ne sais pas ce que je mangerai à souper.

A tout risque, j'ai là un poulet, un gigot, des asperges, un petit poisson... mais j'ai peur que le gigot, ça ne me soit un peu lourd...

— J'ai soif...

— Toujours!... Il ne pourrait seulement pas me donner un malheureux conseil pour mon estomac. Il aurait le cœur d'aimer mieux me voir des pesanteurs...

— J'ai soif...

— Ah! mais, vous savez, il ne faut pas m'écbauffer les oreilles. Je suis bonne enfant, c'est vrai ; je garde les malades, c'est encore vrai ; ce qui n'empêche pas que j'ai eu une position. Et puis je ne peux pas souffrir les obstinés... Gré coquin... J'ai laissé le marc dans ma cafetière... Aussi c'est sa faute à ce geignant... Oui, c'est

votre faute...

Jj* «y. •*. ■ « al... j ai... I ai. a. ai... ai...

— Eh bien, qu'est-ce qu'il lui prend? Il tortille les yeux... Eh! monsieur... vous savez qw^

je n'aime pas qu'on meure sans me prévenir... Monsieur. . .

En Yoilà un drôle de malade... 11 est capable de tout, ma parole... C'est qu'il ne remue plus... Eh!... Plus personne! N...i... ni... Je m'y connais... Il n'aura plus de rages de dents.

Attention à la manœuvre I

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