UN DÉBUT DANS LA POÉSIE
C'est avec une sympathique et très vive impatience que tous les amateurs de poésie attendaient le volume de vers annoncé par M. Gaston Deschamps (q). On savait d'avance que le bon goût, l'esprit, l'intelligence et l'originalité en
marqueraient chaque page, on savait que le régal serait délicat. On n'osait prévoir cependant un aussi beau livre. Car autant le dire tout de suite : le Rythme de la vie est un beau livre ; son auteur est un vrai poète.
En tête de cet important recueil, où il nous offre, ainsi qu'un suave bouquet, toute son existence d'artiste, M. Deschamps a placé une préface considérable par la pensée non moins que par l'étendue. Préface remplie de trouvailles, d'idées nouvelles et ingénieuses, préface à la fois légère et forte, et qui apparaît comme une éclatante proclamation poétique de cette époque. D'un aussi éloquent morceau, on se fait scrupule de détacher une phrase, et je n'oserais. J'ai trop le respect des beaux ouvrages pour porter une main sacrilège sur un pareil monument. Je me contenterai donc de signaler au lecteur, parmi les grandes pensées qui m'ont frappé dans cette préface, celle qui commence page X pour fmir page XI, en bas. Celle-là réellement est immense. Elle a un mètre soixante-huit (1).
Mais on a déjà vu des poètes écrire des préfaces sublimes, et qui étaient suivies de mauvais vers. Ici les vers ne sont pas inférieurs à la préface. Leur première vertu, m'a-t-il semblé, c'est la personnalité. Cette poésie est infiniment personrielle. Pensée neuve, images imprévues, on marche de surprise en surprise, de ravissement en ravissement, ce livre-là est une fête pour l'intelligence.
Et quel plaisir de découvrir un poète, d'entendre une voix qu'on n'avait jamais entendue! Tout est nouveau ici, la vision comme l'expression : on se sent en présence d'un esprit profondément original, de quelqu'un de fortement doué.
Citons au hasaj'd :
(d) 21 lignes. Une ligne : OmOS.