‹ Les Mariages Consanguins et Leurs ConsequencesChapitre 27 sur 31 · RUE · texte numérisé non relu

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OBSERVATION XXII (Personnelle)

, A Tam... (Nièvre), habite M. L..…., propriétaire-agriculteur. Il est très intelligent et jouit d’une excellente santé. Il a épousé sa cousine germaine, qui elle aussi se porte bien. De ce mariage sont nés deux garçons qui se portent tous les deux très bien. À

OBSERVATION XXIII (Personnelle)

M. et Madame G... d'Or... (Nièvre), qui sont cousins sermains, jouissent tous les deux d’une excellente santé ; ils ont une fille aujourd’hui mariée qui a deux enfants : un garcon, fort intelligent, qui est avocat, et une jeune fille, qui se porte très bien.

OBSERVATION XXIV (Personnelle)

M. et Madame De... de F..., cousins issus de germains, ont un fils unique, âgé de vingt-deux ans, aujourd’hui étudiant en médecine, dont la santé a toujours été parfaite. Aucune tare héréditaire dans la famille.

OBSERVATION XXV (Personnelle)

Près de Dec... (Niévre), habite M. L... qui a épousé, en secondes noces sa cousine germaine. Tous les deux sont

CAS, te

s très bien constitués et très bien portants en ce moment. De cette union est né un garcon, aujourd’hui âgé de 22 ans. et qui étudie la médecine. Il est fort intelligent, très bien constitué, mais il est atteint d’une myopie assez prononcée.

Mais toute règle a son exception : il n’est pas douteux non plus que ces mêmes mariages où les conjoints sont exempts de tout vice héréditaire et doués des meilleures qualités physiques et morales donnent ainsi, par le fait même de la consanguinité, des produits dégénérés, présentant une ou plusieurs des affections que nous avons signalées. Et pour soutenir cette idée, nous ne nous appuyons pas sur ces cas où les malades présentent des affections communes et imputables à maintes autres causes, telles que la scrofule, le rachitisme, les conceptions défectueuses, mais sur ces infirmités telles que la surdi-mutité, l’idiotie, certaines difformités, dont la coïncidence avec la consanguinité a été trop souventconstatée, el par des savants sérieux, pour n'avoir pas quelque chose de vrai. Nous avons nous-même apporté notre contribution à la défense de cette idée, en présentant des observations où nous n’avons pu décéler chez les parents la moindre tare héréditaire, et où cependant les enfants présentaient quelque dégénérescence. Je sais bien que certains consanguinistes se chargeront toujours, en fouillant les antécédents, de trouver quelque vice originel, si mince qu'il soit, de découvrir, chez l’un des géniteurs, quelque côté défectueux, pouvant, en vertu de lhérédité directe ou de l’hérédité transformée, fournir l’explication cherchée ; mais ce n’est pas parce qu'on sera parvenu, à force de recherches, à découvrir une imperfection physi-

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que ou morale chez un des ascendants, qu’on sera pour cela autorisé à lui attribuer la naissance, par exemple, de sourds-muets dans une famille où il n’y en a jamais eu, ou qui n’a jamais présenté la moindre imperfection de l’ouie, alors surtout qu’un sourd-muet lui-même ne passe que rarement son infirmité à ses enfants. Certes, nous sommes d’avis que lorsqu'un cas se présente, on l’étudie avec toute l'attention que comporte un tel sujet, qu’on recherche avec un soin méticuleux les antécédents personnels et héréditaires des conjoints, mais nous demandons aussi qu’on ne tombe pas dans les subtilités ; qu’on n’attribue point à telle condition physique, morale ou intellectuelle des parents qui, en toute autre circonstance, passerait inaperçue, une puissance imaginaire et qu’elle ne saurait avoir pour expliquer une infirmité qui n’a rien à voir avec l’htrédité, et qui peut très bien s'expliquer par l'influence de la consanguinité., Nous le répétons, la consanguinité et l’hérédité sont deux circonstances étiologiques parallèles pouvant se ‘superposer dans la même famille pour concourir aux mémes conséquences morbides, mais aussi pouvant exister l’une sans l’autre.

En résumé, cette troisième opinion, qui est admise aujourd’hui par la plupart des savants, est vraie dans la majorité des cas. Le plus souvent, en effet, la santé des enfants issus d’unions consanguines dépend de celle des parents ; mais on voit aussi des consanguins indemnes de toute tare organique, qui, par le fait même de la consanguinité, procréent des enfants dégénérés.

Pt RARES

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