‹ Les mariages dans l'ancienne société françaiseChapitre 112 sur 318 · Sévigné, juillet 16U · texte numérisé non relu

Sévigné, juillet 16U

3. tbid.y 2 août 1689. C'est par erreur qu'une note de l'édition des Lettres de 3/"'* de Sévigné (Collection des grands écrivains), applique ces paroles à la femme du blessé. La marquise de Nogaret n'était ni héritière* ni jolie*

guedrxî, qui donnait de 18 000 à 20 000 livres de rente. C'aurait été un fort bon parti, s'il avait pa vivre plus longtemps, ou du moins avoir un héritier mâle; mais il mourut après dix ans de mariage, ne laissant que deux filles. C*en était fait de la lieutenance de Languedoc, et, ce qui était pis, de 30 000 li\Tes de rente en biens fonciers, car ces biens étaient encore substitués. En vain la veuve protesta, plaida; elle perdit son procès et n'eut rien à donner à ses filles. L'aînée fit ce qu'autrefois avait fait sa mère; elle épousa le principal héritier des biens. Singulier effet des substitutions ! La fortune d*une maison, quand les mâles font défaut, ne suit pas les filles; ce sont les filles qui la suivent en quelque sorte : elles vont où elle va, et l'acte de substitution a d'avance désigné leurs maris ^

L*année même ou M"*^ de Biron s'était mariée au marquis de Nogarel, son frère avait épousé iM"* de logent. Les Nogent valaient plus par les biens que par la naissance. Originaires du Maine, issus de la bourgeoisie, leur esprit et la faveur de Mazarin les avaient élevés jusqu'aux charges de cour '. Une sciMirde Lauzun, qui n'avait rien, fut chai*mée d'épouser M. de Nogent, maître de la garde-robe du roi. Elle perdit son mari au passage du Rhin (1672), et ressentit de cette perte une douleur dont la vivacité et la durée excitèrent une sorte de surprise ^'énéralc ^ ; mais la tendresse de l'épouse ne nuisit pas en elle au dévouement de la mère. Elle voulait, dit Mademoiselle, dont le mobile jugement lui devint plus lard défavorable, fonder un couvent à l'endroit où elle croyait que se trouvait le (îorps de son mari, et s'y ensevelir « quand elle aurait établi ses quatre enfants, deux (ils et deux lilles, dont l'aînée n'avait <jU(; dix ans ^ »

La dot de la fille alnéc fut de 200000 francs, ce qui n'avait

1. Saint-Simon, t. l, p. 223; t. Il, p. 92; t. 111, p. 370. — Dangeau, iii.ii If;«K, :3I dénombre 170G, 30 juillet 1709, 9 avril 1719.

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