‹ Les mariages dans l'ancienne société françaiseChapitre 113 sur 318 · T.'illernant des Kcaux, t. II, M. de Dautrii · texte numérisé non relu

T.'illernant des Kcaux, t. II, M. de Dautrii

.'{. l'ar un piquant contraste, le plus volage des amants, Lauzun, eut pour .sf/;iii la plus fidèle des veuves. M""" de Nogent, et sa belle-sœur, M""* de Vaubruii, vécurent très-vieilles et portèrent le grand deuil de leur mari toute l(Mjr vie, comme la première année. « Aucune, ajoute Saint-Simon, ni devant ni depuis m- s'en était avisée. » {Addition à Dangeau, 3 novembre 1684.)

4. Mêini)irps de .!/"• de Monlpensiei\ t. IV, 3" partie, ch. i.

rien d*ex.lraorclinairc ; mais de 200000 francs en espèces sonnantes, ce qui n'était pas aussi commun. Dangeau constate qu'au mariage de sa fille aînée elle apporta elle-même dans une cassette 10 000 louis d'or, qu'elle remit à son gendre, M. d'Aydie*. La cadette apporta la même somme à M. deBiron; seulement ce ne fut pas son mari, mais son beau-père qui la reçut. Celui-ci trouva bon de s'approprier le capital, en donnant aux épouK une rente annuelle de 40000 francs, et il employa 170000 francs à payer les dettes de sa maison. M. de Biron père avait ses raisons pour se montrer aussi avisé : deux ans plus tard, il déclara le mariage secret qui l'unissait à une vieille femme obscure (une sei^vante, dit Saint-Simon), M"® Bernard. Lorsqu'il mourut, en 1700, M"® Bernard emporta une assez bonne part du bien de la maison, en s'en gageant à le laisser, après sa mort, au marquis de Biron *.

En attendant, le marquis de Biron n'avait pour vivre que les 10000 francs que lui payait son père, et les 5000 francs qui lui venaient du bien maternel, en tout 15000 livres de rente. Les enfants arrivèrent, surtout les filles^. Il y avait bien un grand héritage de M"® de Nogent en perspective, mais en perspective seulement. Après la mort du roi, Biron dut à l'appui de Saint-Simon, beau-frère de son oncle Lauzun^ d'être nommé membre du conseil de guerre ; mais ce n'était là que le premier pas de la magnifique carrière qu'il devait parcourir, et il ne pouvait encore deviner les grandeurs qui l'attendaient: le duché-pairie, le bâton de maréchal. Au temps où nous sommes, il donnait 60000 livres de dot à ses tilles; pouvait-il être difficile sur le choix des gendres ? Point d'autre moyen de les attirer que son nom, sa faveur naissante. Un petit gentilhomme du pays de Foix, Bonrepaus, membre du conseil de la marine, se laissa tenter pour son neveu et héritier, M. de Bonac, qui venait d'être nommé ambassadeur à Constantinople. Il se rappelait tout ce qu'il lui avait fallu d'efforts et de mérite pour arriver à se faire jour, et il sentait

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