‹ Les mariages dans l'ancienne société françaiseChapitre 115 sur 318 · Mémoires de M'^ de Staal de Launay. Renouard · texte numérisé non relu

Mémoires de M'^ de Staal de Launay. Renouard

3. Locution tirée de Tusage de retenir sa place en y mettant son coussinet. (Dictionnaire de Littré.)

que je veux M. de Mirepoix, et que dans dix ans, quand Votre Majesté connaîtra son mérite, et qu'elle l'aura récompensé^ il ne voudrait plus de nous. > Voilà qui est dit. Sur cela on veut faire jeter des bans avant que les articles soient présentés, jamais il ne s'est vu tant de charrettes devant les bœufs.

L'événement est annoncé en toute hâte ; les cadeaux de noces arrivent, les visites de félicitations se multiplient : M"" de Sévigné fait la sienne à la grand'mère de M. de Mirepoix , M"" du Puy-du-Fou *, et voit successivement arriver M. de Montausier, M*"* de Lavardin, et bientôt M. de Mirepoix lui-même , triomphalement promené par sa nouvelle famille : la future mariée donnait encore la main à sa maman.

Un moment après est arrivée une troupe toute brillante : c'était N*"^ la duchesse de la Ferté, tenant sa fille par la main, fort jolie, et sa petite sœur des mêmes couleurs ; U^^ la duchesse d*Âumont; M. de Mirepoix, qui faisait un contraste merveilleux. Quel bruit! quels compliments de tous côtés!.... M'"'' d'Olonne a donné un beau coulant; M"® la maréchale de la Ferté brille ; toute cette noce est contente. M™* de Mirepoix vous a écrit; M™* du Puy-du-Fou est entraînée dans le tourbillon ; on ne s'entend pas.

M™* de Sévigné, dont la plume ne valait rien ce jour-là, tourne court à cet endroit de la description, non sans y ajouter un joli trait sur la figure étonnée du marié au milieu de ce tumulte :

Le jeune homme n'avait jamais vu sa maîtresse ; il ne sait ce que c'est que tout cela 2.

a Qui fait mieux ? » demandait en riant la duchesse de la Ferté; et la marquise d'Huxelles, loin de la contredire, reconnaissait que les grandes affaires ne réussissent que par les conduites extraordinaires ^. Dans son enthousiasme, elle arrondit la dot de 40000 écus, ce qui la portait à 180000 francs*.

1. M™ du Puy-du-Fou était mère de Madeleine du Puy-du-Fou, marquise de Mirepoix (la future belle-mère de M"' de la Ferté) et de Marie-Angélique du Puy-du-Fou, seconde femme de M. de Grignan.

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