I. Lettre du 24 mai
ut LA NOBLESSE DE RAGE.
inunaulc, et disait tout bas à ses commères que cela était bien Hiir^F= qu'elle s'eu serait fort bien passée. M. d'Aubigné ne laissa ignorer 4 personne que sa sœur se moquait de lui de lui faire accroire ({^TmI était dévot, et qu'on l'assiégeait de prêtres, et qu'on le ferait mouri/* chez ce M. Doyens
Quelques mois plus tard furentcéiébrées les cérémonies du mariage. Il fallut bien y inviter les parents de la mariée, mais que de biens obtenus au prix d*un léger et rapide dégoûl! Sans compter la faveur solidement assurée et dont on devait tirer tant de fruits, ce fut une véritable pluie d'argent, de pierreries, d'honneurs et de dignités. Le comte d'Ayen pul croire qu'il avait épousé une fille de France.
M°>® de Maintenon assura 600000 livres sur son bien après elle; elle en avait beaucoup plus, et point d'autre héritière. Le roi donna 300 000 livres comptant, 500 000 livres sur l'hôtel de ville, pour 100 000 livres de pierreries, avec les survivances du gouvernement de RoussiUon, Perpignan, etc., de M. de Noailies, de 38000 livres de rente au soleil, et de celui de Berry, de M. d'Aubigné, de 3) 000 livres de rente ; et sur le tout une place de dame du palais. La déclaration s'en fit le mardi 11 mars. Lé lendemain, M""*^ de Maintenon se mit sur son lit au sortir de table, et les portes furent ouvertes aux compliments de toute la cour. M"^ la duchesse de Bourgogne, tout habillée, y passa la journée, tenant M^'^ d'Aubigné auprès d'elle et faisant les honneurs comme une particulière chez une autre. On peut juger si personne s'en dispensa, à commencer par Monseigneur. On accourut de Paris, et Monsieur, qui y était, vint exprès.
Tous les hommages vont à M'"'' de Maintenon ; la vraie mère est tout au plus soufferte comme témoin.
Le mardi dernier mars, ils furent fiancés le soir à la chapelle, M""** la duchesse de Bourgogne et toute la cour aux tribunes, et la noce en bas. Tout ce qui en était avait vu le roi chez M"® de Maintenon avant son souper. Le lendemain, tard dans la matinée, M""' de Maintenon vint avec toute la noce à la paroisse, où Monsieur de Paris dit la messe et les maria; d'où ils allèrent tous dîner chez M. de Noailies, dans rappartemenl de M. le comte de Toulouse, qu'il lui avait prêté. L'après-dîner, M™^ de Maintenon sur son lit, et la comtesse d'Aycn sur un autre dans une pièce joignante, reçurent encore toute la cour. On s'y portait, tant la foulo était grande, mais la foule du plus distin-