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à leur tils adoplif un régiment, la charge de son père, « les deux ouverts à la cour » en épousant une de leurs filles : c'étaient beaucoup d'attraits ajoutés à ceux de M"' de Noailles. M. de Beaumanoir, pris de tous les côtés à la fois, céda. Avec quelle joie on vit éclore ce gendre si tendrement couvé ! Les compliments arrivèrent de toutes parts. « Je suis très-aise du mariage de M. de Lavardin avec mademoiselle votre fille, qui me parait bon », écrivait M"* des Ursins, qui s'y connaissait *. « Voilà cinq filles de M. de Noailles mariées à de grands seigneurs », remar- ((ue Dangeau, touché du progrès de l'œuvre maternelle si vaillamment menée. Quelques mois plus tard, les compliments se changeaient en condoléances : le nouveau gendre des Noailles périssait à la bataille de Spire (15 octobre 1703).
Ti(^ )nar(|uis de Reaumanoir ne porta pas loin un mariage chargé de la malédiction pateriftlle, ajoute cruellement Saint- Simon, que sa haine contre les Noailles transforme en vengeur du parjure^. Ses biens passèrent à ses sœurs, dont Tune fit, dès Tannée suivante, un brillant mariage ^ : les batailles sanglantes, en faisant des héritières, changeaient les destinées, suscitaient des prétendants inespérés ; c'était la dernière et triste chance des filles sans bien. Les Noailles ne perdirent cependant pas tout à la bataille de Spire : il y avait sur la lieutenance générale de Bretagne un brevet de 100000 francs de retenue à payer à la veuve * : le jeune Lavardin n'avait pas inutilement traversé la famille.
La sixième fille épousa, en 1707, à dix-neuf ans, M. de Gondrin, fils du duc d'Antin et petit-fils de M'"'' de Montespan. M. de Gondrin était un brillant parti : son père lui donnait la terre de Bellegarde sur le pied de 10000 livres de rente; M"^ de Montespan ajoutait 100 000 livres de pierreries. Si d'Antin se décidait à donner son fils à une famille accablée de
1. Lettres iiiéditesde la princesse des Ursins, 22 février 1703.