‹ Les mariages dans l'ancienne société françaiseChapitre 177 sur 318 · Lettre du 3 octobre I69i · texte numérisé non relu

Lettre du 3 octobre I69i

aidéo à faire choms de vos aimables couplais ; elle vous aime de loul son cœur; et le moyen, mon aimable, de ne vous aimer pas? Si vous étiez assez juste pour aimer qui vous aime, je serais la mieux partagée. Toute notre troupe vous rend au double toutes vos amitiés ; votre nom et vos louanges retentissent partout dans ce château : et pourquoi n*y reviendriez- vous pas, tant qu'il y aura des papes à faire et des cardinaux qui vous aimeront • ?

Celle lettre pouvait être montrée et le fut sans doute ; elle ne ressemblait pas à celle où M"* de Sévigné relevait certaine bévue de M*"* de Louvois, qui avait fort amusé l'assistance-; mais quelque agréable impression qu'elle ait dû causer, il ne semble pas que le projet imaginé par Coulanges ait été au delà de vœux discrets et d'allusions intimes. Pauline de Grignan eut le bonheur d'échapper à la triste grandeur qu'on rêvait pour elle et pour sa maison, et d'épouser l'année suivante un homme qui n'avait pas la situation et les talents de Barbezieux, mais qui n'avait pas non plus son humeur hautaine et la violence de ses passions^. Barbezieux, après deux ans d'un veuvage égayé de fêles magnifiques et de plaisirs de tout genre, épousa la fille du marquis d'Alègre, d'une noble et riche maison d'Auvergne. Le marquis d'Alègre était maréchal de camp ; il avait de l'ambition, il fut charmé de donner sa fille avec 100000 écus au ministre de la guerre, espérant que son mérite et son gendre le mèneraient loin. Il fit pour ce mariage une noce aussi somptueuse que pour une princesse du sang, et il ne douta plus de sa fortune.

Un jour, il reçut en Auvergne une dépêche de Barbezieux, qui l'appelait à Paris ; il partit en grande hâte, se croyant déjà lieutenant général: il s'abusait. Barbezieux lui fit part, non de sa promotion, mais de prétendus désordres de sa fille et de la nécessité de l'enfermer au couvent. Voici la cause de cet éclat. Barbezieux, remarié, n'avait pas eu le mauvais goût d'aimer

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