Saint-Simon, t. Il, p. 29 et suiv
2. Pensées de Pascal (Extraits des lettresàHF" de ïloannez et Piemarque^ sur ces lettres) (édition Havct). — Saint-Simon, t. 1, p. 248. —Saint-Simon écrit Roannais; Dangcau, Houannais.
mari, M"" de Sévigné dous le montre moins épris de sa femme que de la faveur royale *, et Saint-Simon lui reconnaît toutes les qualités qui pouvaient lui donner ce qu'il aimait passionnément.
De Tesprit, une grande valeur, une plus grande audace, une pointe de folie gouvernée toutefois par Tambition, et la probité et son contraire fort à la main, avec une flatterie et une bassesse insignes pour le roi, firent sa fortune et le rendirent un personnage à la cour, craint des ministres, et surtout aux couteaux continuels avec M. de Louvois'^.
On connaît sa dédicace toute païenne de la statue de L(0uis XlVy sous le piédestal de laquelle il eût voulu avoir sa sépulture*. Voici du même personnage deux traits, moins fameux et non moins caractéristiques. Comme il querellait et frappait l'un de ses palefreniers, il s'aperçut que le roi le regardait faire ; aussitôt il lui cria de ne pas prendre garde à deux de ses valets qui se battaient. Il eut peur sans doute de n'être pas pris au mot ; mais il fallut bien le croire le jour où le roi lui refusant la permission de raccompagner, il monta derrière son carrosse et y demeura jusqu'à l'arrivée.
Devenu veuf, il fit un second mariage, qui étonne de la part
1 . c M. de la Fcuillade a pris la poste, et s'en est venu droit à Versailles, où il surprit le roi ; il lui dit : « Sire, les uns font venir leurs femmes (c'est Rochefort), les autres les viennent voir ; pour moi, je viens voir une heure Votre Majesté, car ce n*est qu'<\ elle que je dois tout. » 11 causa assez longtemps^ et puis prit congé, et dit : « Sire, je m*en vais, je vous supplie de faire mes compliments à la reine, à Monsieur le Dauphin, à ma femme et à mes enfants, » et s'en alla remonter à cheval, et en effet n'a vu âme vivante.» (Lettre à 3/"' de Grignarif du IG août 1675.)— M. de la Feuillade était Tua des huit maréchaux de France que le roi avait faits le 30 juillet, trois jours après la mort de Turennc.