‹ Les mariages dans l'ancienne société françaiseChapitre 188 sur 318 · Saint-Simon, t. I, p. 210; t. II, p · texte numérisé non relu

Saint-Simon, t. I, p. 210; t. II, p

un peo trop iDgénue. a II ne loi manquait, disait-il, qu'un béguin et des manches pendantes. » Qu'on juge par ce propos de ceux que tenaient sur le bon prélat les petits-maîtres et les dames. Ses nièces elles-mêmes voulurrat assista* à sa réception à TAcadémie pour s'en moquer, et leur curiosité irrévérencieuse donna le premier exemple de Tinbaction à la r^e qui excluait les femmes des séances académiques '.

L élévation de Chamiliart pul faire son autre firère comte, maréchal de camp, mais non homme d'esprit et de sens: il joignait à une sottise suprême une suprême impertinence, et Ton ne pouvait s'empêcher de se moquer de lui, tout frère de ministre qu'il était. On riait aussi des cousins germains : l'un, le Robours, intendant de finances, paraissait avoir été peint d'avance par Molière dans le marquis de Mascarille ; l'autre, l'abbé de la Proustière, l'économe de la maison, grand bavard de sa nature, « savait fort rarement ce qu'il disait ni même ce qu'il voulait dire » ; au demeurant le meilleur homme du monde. En i>r>mme, Chamiliart « était malheureux en famille; malheur grand pour chacun, mais extrême pour un ministre, qui n'a le temps de rien, et qui a un besoin principal, pour se soutenir et pour faire, d'avoir autour de soi un groupe qui rassemble et concilie le monde, qui soit instruit atout moment des intrigues de ce qui se passe, et de l'histoire du jour, qui sache raisonner cl combiner, et qui soit capable de le mettre en deux mots au fait de tout tous les jours*. »

La Feuillade semblait devoir lui apporter ce dont'il avait un si grand besoin. Voici le brillant côté de la médaille dont le revers était si repoussant:

11 était parfaitement bien fait, avait un air et les manières fort nobles, et une physiononîie si spirituelle qu'elle réparait sa laideur (;t le jaune et les bourgeons dégoûtants de son visage. Elle tenait paroKî : il avait beaucoup d'esprit, et de toutes sortes d'esprits. II savait porsuador son nîérite à qui se contentait de la superficie, et surtout avait Ut langage et le manège d'enchanter les femmes. Son commerce, à qui lut voulait que s'amuser, était charmant : il était magnifique on tout, lihéral, poli, fort brave et fort galant, gros et beau joueur. Il se piquait fort do toutes ses qualités, fort avantageux, fort hardi, grand

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