Louis-Henri de Bourbon, né le 18 août
^' Louise-Élisabcth de Bourbon, née le 22 novembre 1695.
Le roi, piqué de rignorance où on Tavait laissé, entra complètement dans ses vues et manifesta sa volonté sur-le-champ d'un ton impérieux et irrité. Dès le soir même il « lava rudement la tête » au d\x6 et à la duchesse d'Orléans, et parrla à M"*' la Duchesse en maître qui veut être obéi sans réplique. M"* la Duchesse demeura comme étourdie : elle apprenait à la fois que sa sœur avait recherché le prince de Conti pour gendre cl que ses deux enfants étaient mariés d'un seul coup. La princesse de Conti osa résister, se croire en droit de disposer de son fils et de sa fille : elle usa vile la courte patience du maître.
11 prit toutes sortes de tons; puis, voyant qu'il n'avançait -pas davantage, il parla en roi et en maître et déclara à M"* la Princesse de Conti qu'il voulait le double mariage, qu'il le voulait présentement et qu'il les ferait tous deux malgré elle, si elle ne se rendait pas à sa volonté, à la raison et à tous les ménagements qu'il voulait bien avoir pour elle.
La princesse de Conti sortit furieuse et sa fille pâtit cruellement de son humeur; mais elle eut beau « se hérisser de difficultés », il lui fallut céder devant les menaces du roi et sa volonté de passer outre.
Il voulut aussi que ces mariages fussent célébrés à bref
délai, et les époux durent se plaire à la hâte. Du reste, il les
combla de présents et de distinctions. Il avait l'habitude de
donner 150000 francs aux princes du sang, 100000 francs
aux princesses : ce double mariage lui coûta un demi-million
dans un temps où le royaume sortait épuisé d'une guerre désas-
Ireuse. Il présenta la chemise à M. leDucetau prince de Conti.
Quant aux mariées, ce fut la duchesse de Berry qui la leur
donna. « Ce ne fut pas sans prodiguer à l'une des deux ses
plus perçants dédains. » J'imagine que le spirituel visage de
labelle-fiUe de M"* la Duchesse, qui tenait enfin l'époux encore
attendu par la cadette de M™® de Berry, ne demeura pas en reste
et répondit par quelque mine respectueusement moqueuse.
Le lendemaiji après dîner, le roi retourna au môme appartement voir les deux mariées, chacune sur son lit, où toute la cour abonda le reste de la journée. Dès le soir M. le prince de Conti entra après souper dans le cabinet du roi, jusqu'à son coucher, comme mari de sa petite-fille, privilège attaché uniquement à cette qualité •.