‹ Les mariages dans l'ancienne société françaiseChapitre 216 sur 318 · Ibid., 4 octobre · texte numérisé non relu

Ibid., 4 octobre

3. Mémoires sur les grmuls jours d'Auvergiie, édit. Chéruel, p. 315.

COU, comme un cordon vénal, mais en écharpe, a Taird'un chevalier de Tordre en deuil, et repaît sa vanité de cette apparence, qui ne trompe que le peuple ou les gens qui ne le connaissent pas K

Courtin pour prix de ses ambassades, Pelletier de Sousy pour son travail en tête à tête avec le roi sur les fortifications, obtiennent la permission de paraître à la cour sans le manteau de l'homme de robe, et sont d'autant plus sensibles à cette distinction qu'elle fait plus de jaloux^.

Un jour, sur une maison du quai de la Tournelle, la maison d'un homme de robe, Saint-Simon lut d'un œil indigné celte inscription insolente : Hôtel de Nesmond. Le président Nesmond était mort, mais sa veuve, qui était fille de la sainte M"® de Miramion , et qui n'avait rien de l'humilité maternelle, avait risqué cette innovation que n'avait encore osée aucune femme de son état. « On en rit, on s'en scandalisa ; mais l'écriteau demeura, et est devenu l'exemple et le père de ceux qui de toute espèce ont peu à peu inondé Paris ^. »

i. Saint-Simon, t. IV, p. 304.

2. Ibid., t. III, p. 34. (( En ces temps-là, et jusqu'à la mort du roi, nul homme du Parlement ne paraissait à la cour sans robe, ni du conseil sans manteau, ni magistrat ni avocat nulle part dans Paris sans manteau, où même beaucoup du Parlement avaient toujours leur robe. »

Le chancelier de Pontchartrain écrit en 1702 au procureur général de la chambre des comptes, à Dôlc : « On m'a donné avis que presque tous les officiers de votre compagnie portent des habits très- indécents et fort peu convenables à leur caractère, comme s'ils avaient honte de leur propre dignité, et d'être reconnus dans le public pour ce qu'ils sont. Leur procédé est en cela d'autant moins excusable qu'ils contreviennent précisément à ce qui leur a été mandé à ce sujet par feu M. Boucherat, comme vous le verrez par la copie d'une de ses lettres que je vous envoie. Il est de votre ministère de faire exécuter de semblables ordres, non-seulement pour conserver l'honneur de la magistrature, les officiers se dégradant eux-mômes en se dépouillant des marques extérieures de leur état, mais pour maintenir l'autorité du roi, qui se trouve intéressée par le mépris qu'ils en font en refusant de se soumettre à ses ordres. Si cet abus continue. Sa Majesté y pourvoira par un édit conforme à celui rendu au mois d'avril 1684 concernant la décence des habits des officiers du Parlement de Paris, qui marquera ses intentions conformes à celles de ses prédécesseurs. Je vous prie de communiquer celte lettre à voire compagnie, et de ne pas manquer de m'envoycr les noms de ceux qui n'y déféreront pas. » {beppingy Coirespondance administrative y etc. y t. II, p. 342.)

3. La maison située au n° 55 du quai do la Tournelle porte encore cette inscription,

ilO LA ROBE.

Ces travers vaniteax de la robe excitent l'àpre gai^ da premier président Hariay, dont i ambition recherchait des satisfactions moins puériles. Les frères Doublet, conseillers au Parlement, se font annoncer à son audience sous les noms de MM. de Persan et de Croy, noms empruntés aux terres qu'ils avaient acquises. Harlay s'incline jusqu'à terre, se relève, les regarde avec surprise. « Ah! leur dit-il, masques, je vous connais », et il leur tourne les talons. Un autre jour, deux jeunes conseillers le viennent voir à sa terre de Grosbois, en habit de campagne, avec leurs cravates tortillées et passées à la boutonnière. Il appelle son écuyer, et lui montrant un de ses laquais dont la cravate était ajustée de même (c'était alors la mode universelle) : « Chassez-moi, lui dit-il, ce coquin-là tout à l'heure, qui a la témérité de porter sa cravate comme messieurs ^ »

Celte manie nobiliaire des magistrats est quelquefois moins innocente en ses effets. La jeune robe rivalise de dissipation avec la noblesse, imite ses prodigalités, son jeu, ses débauches, et se croit devenue son égale le jour où elle ne lui laisse plus Tavantage d'un seul vice*.

La robe, par toutes ces sottises ou ces folies, essayait en vain de tromper les gens et de se tromper elle-même sur la réalité de ses origines; elle avait beau faire : sa noblesse acquise par Texercice des charges de judicature, la noblesse de concession, comme on l'appelait, ne pouvait balancer dans ropiiilon la noblesse de race, celle qui se perdait dans le lointain des âges : « Ma mère, écrit l'abbé Choisy, qui était de la maison ïlurault de rilôpilal, me disait souvent : « Écoutez, » mon fils, ne soyez point glorieux, et songez que vous n'êtes » (|u'un bourgeois. Je sais bien que vos pères, que vos grands- » pères ont été maîtres des requêtes, conseillers d'Etat; mais )> apfnenez de moi (|u'en France on ne reconnaît de noblesse » ([lie cAle d'épée. »

Dans tout le Parlement de Paris, il n'y avait, au temps (le Saint-Simon, (|ue les Boucher d'Orsay et les Longueil (les présid(inls de Maisons ') qui fussent gens de qualité et d'épée

1. Saint-Simon, t. III, p. 404. — Addition à Dangeau^ 9 avril 1707.

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