Tallemant, t. I, p
3. Sévifjnéy 10 mars 167^2 et 2G mai 1676. — On croyait pouvoir guérir les personnes mordues par un ctiien enragé, en les plongeant dans la mer.
i. «LfMir nom est Bazin, de la plus courte bourgeoisie, et Besons, dont ils portaient tons h*, nom, est ce village sur la Seine, près de Paris, si connu par la foire qui s'y lient tous les ans, dont le père avait acquis la seigneurie.» ( Saint' S\ tu on y t. VHI, p. 227.) Leurs ancêtres étaient de riches marchands •U; T^)y(^s, qui fabriquèrent les premiers l'étoffe connue sous le nom de haixn. Ils (Mirent l'esprit de conserver dans leurs armoiries l'enseigne de la maison: " Aux trois cour onnefi. » (Tallcmant, t, V, liezons, Commentaire.)
mort en Italie, fils de l'un et père de l'autre. La raison qui détermine cette vocation militaire isolée nous explique le silence gardé par les Mémoires sur le nom de cette grande famille parlementaire. L'histoire 'est en effet quelque peu gaillarde, et atteste chez Saint-Simon une facile veine de conteur gaulois :
En 1706 mourut le vieux Bellegarde, à quatre-vingt-dix ans, qui avait longtemps servi avec grande distinction; il était oflîcier général et commandeur de Saint-Louis. Il avait été très-bien fait et trèsgalant ; il avait été longtemps entretenu par la femme d'un des premiers magistrats du Parlement par ses places et par sa réputation, qui s'en doutait pour le moins, mais qui avait ses raisons pour ne pas faire de bruit : on disait qu'il était impuissant. Un beau matin, sa femme, qui était une maîtresse commère , entra dans son cabinet suivie d'un petit garçon en jaquette : « Hé ! ma femme, lui dit-il, qu'est-ce que te petit enfant? — C'est votre fils, répondit-elle résolument, que je Vous amène, et qui est bien joli. — Comment, mon lîls ! répliqua-t-il, vous savez bien que nous n'en avons point. — Et moi, reprit-elle, je sais fort bien que j'ai celui-là et vous aussi. » Le pauvre homme, la voyant si résolue, se gratte la tête, fait ses réflexions assez courtes, c Bien ma femme, lui dit-il, point de bruit, patience pour celui-là, mais sur parole que vous ne m'en ferez plus. » Elle le lui promit, et a tenu parole; mais toujours Bellegarde assidu dans le logis. Voilà donc le petit garçon élevé dans la maison : la mère l'aimait fort, le père point du tout ; mais il était sage. Jamais ni lui ni elle ne l'ont appelé qu'Ibrahim; ils avaient accoutumé leurs amis à ce nom de guerre. J'ai vu tout cela de fort près dans ma jeunesse : Qe magistrat était extrêmement des amis de mon père, et je voyais Ibrahim fort souvent; mais je n'en ai su l'histoire que depuis. Il voulut être de la profession de son véritable père ; l'autre ne s'y opposa point du tout. Il est mort en Italie, je ne dirai ni où ni en quel grade, car il a laissé un ûls très-honnête, homme et qui a rattrapé au Parlement la même magistrature dans laquelle son prétendu grand-père était mort*.
La lecture attentive des Mémoires nous a révélé le nom de ce personnage mystérieux qui grandit entre ses deux pères et trahit le véritable en repoussant la robe pour l'épée ; il n'est autre que le petit-fils du célèbre Omer Talon et de la terrible présidente des grands jours d'Auvergne, le fils de Denis Talon et d'Angélique Favier du Boulay, une maîtresse commère qui