‹ Les mariages dans l'ancienne société françaiseChapitre 222 sur 318 · Saint-Simon, t. VU, p · texte numérisé non relu

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des vertus de tous les jours : la petite-61le du rapporteur de Fouquet fut une femme de grand cœur et une épouse 6dèle.

La mère du chancelier Pontchartrain était une Talon, sa femme une Maupeou. Guillaume de Laraoignon, le premier président, s'était marié à une Potier, sa parente, de cette famille mêlée de magistrats et de secrétaires d'État; elle survécut de longues années à son mari et laissa une succession de 400000 à 500 000 écus '. L'une des filles de Guillaume de Lamoignon épouse le comte de Broglio, un gentilhomme sage et honnête, dit le Journal d'Olivier d'Ormesson, très-incapable, affirme Saint-Simon dans ses MétfioireSy ce qui ne l'empêcha pas de devenir maréchal de France; une autre s'unit, avec l'agrément du roi et l'applaudissement universel, au futur premier président Hariay ^. Chrétien de Lamoignon, leur frère, épouse une Voysin, parente du secrétaire d'Etat de la guerre, celle que Ck)ulanges appellera la savante M"* de Lamoignon^ ; son beaupère, l'oncle du ministre, est peint par Saint-Simon sous les plus nobles traits : « 11 passa avec grande réputation d'intégrité et de capacité par les intendances, fut prévôt des marchands, el devint conseiller d'État très-distingué. C'était de ces modestes et sages magistrats de l'ancienne roche, qui était fort des amis de mon père et que j'ai vu souvent chez lui*. » Ces alliances avec la robe apportent aux Lamoignon de grands biens qui soutiennent le train brillant de leur vie : M"* Voysin hérite de son frère 100000 livres de rente ; sa mère lui en laisse 60000, et elle lui en avait déjà donné presque autant^.

Trois filles de Chrétien de Lamoignon se marient également dans la robe: la première au président de Maisons; la seconde au président de Maniban, du parlement de Toulouse; la troisième au président de Nicolaï. Lorsque la première fille avait été en âge d'être mariée, Coulanges avait écrit au père : « Souvenez-vous toujours de choisir si bien votre gendre qu'il ne trouble point les plaisirs du beau-père et qu'il ne se moque

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