‹ Les mariages dans l'ancienne société françaiseChapitre 223 sur 318 · Dangeau, G octobre 1685 ; 2 jnin · texte numérisé non relu

Dangeau, G octobre 1685 ; 2 jnin

point de ses commensaux. » Le conseil était bon et n'avait pas été dédaigné ^

La bienveillance du roi pour les familles de robe se manifeste à Toccasion de leurs alliances. Des Forts, le fils unique de Pelletier de Sousy, épouse la fille du célèbre Basville avec 100000 écus de dot; le roi, après avoir signé le contrat, dit h M. de Lamoignon, oncle de la mariée : « Je vous donne la survivance de votre charge pour votre fils ^. » C'était la grâce que M. de Lamoignon souhaitait le plus au monde; il avait eu quelque peine à ressaisir cette charge de président à morlier, que son père avait possédée avant de devenir premier président, mais qu'il n'avait pas pris la précaution de lui assurer par une peur superstitieuse du mot de survivance, comme si ce mot devait le faire mourir : elle était désormais fixée dans la famille^.

Saint-Simon remarque, en mentionnant ce mariage, que « les Lamoignon crurent faire un grand honneur à la famille des Pelletier par cette alliance, et que les Pelletier parurent les croire sur parole ». Des Forts, intendant des finances, trèscapable et très-actif, était cependant le fils de Pelletier de Sousy, le directeur des fortifications, que son travail mettait dans l'intimité du roi ; celui-ci était le frère, et peu s'en était fallu qu'il n'eût été le successeur de Pelletier, contrôleur général après Colbert, qui s'était démis volontairement de cette charge et était resté ministre d'État, toujours goûté du roi, toujours influent ; le fils du contrôleur général allait l'année suivante (1707) emporter la charge de premier président sur Lamoignon lui-même, quoique ce dernier fut soutenu du crédit toutpuissant alors de Chamillart, et de l'active amitié de M. de la Rochefoucauld. Les familles de la haute robe avaient donc aussi leurs divers degrés de grandeur, qui déterminaient la part de respect qu'elles s'accordaient les unes aux autres. Ce n'était pas que celle des Lamoignon pût se vanter d'être fort ancienne, mais l'importance des charges et l'éclat des mérites compensaient ce qui lui manquaitdu côté des années. Ils étaient en effet assez récemment sortis du barreau, cette commune

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