Saint-Simon, t. XI, p. 17i
3. La grand'mère maternelle de M"^ Bertaut était Espagnole, de la noble maison de Saldagne.
pas avoir pris au sérieux Tombre de mari que le sort lui avait donnée. Un article du Journal des savants de 1724 lui attribue même, dans ses rapports avec « ce bonhomme », une façon d'agir qui rappelle, avec quelque chose de plus risqué, celle de M"* de Dampierre à Tégard de M. de Champrond. « On dit qu'elle s'ennuyail quelquefois delà moitié du lit, et que, quand le bonhomme était endormi, elle faisait prendre sa place à une femme de chambre, et que le vieux président ne s'apercevait de rien. » Le grave journal aurait-il confondu les deux parlements et les deux ménages, et porté au compte de M"^ Bertaut le manège nocturne de M"® de Dampierre * ? Ce qui est certain, c'est que sans attendre qu'un événement facile à prévoir la rendît maîtresse d'elle-même, M"® de Motteville fit, de son chef, un voyage à la Cour, où la poussait moins la coquetterie que sa curiosité, alla saluer Anne d'Autriche et fut reçue au nombre de ses femmes; peu après le président s'éteignait, mais la jeune veuve, d'esprit sage et de cœur paisible, se garda d'enchaîner sa liberté dans un autre mariage, et même, .à ce qu'il semble, de l'engager jamais dans aucune tendre liaison.
La fille de M. du Plessis Besançon, lieutenant général et gouverneur d'Auxonne, veuve de M. le Brun, président au grand conseil, ne fit point comme M"** de Motteville : en sortant de la robe, elle entra sans transition dans la maison de France, devint princesse de Courtenay. 11 est vrai que la maison de France avait depuis longtemps abandonné à eux-mêmes les princes de Courtenay, mais ils n'en étaient pas moins sortis de son sein, et leur filiation était d'une irréprochable pureté. Ils descendaient de Pierre de France, septième fils de Louis le Gros, qui avait pris le nom et les armes de sa femme, héritière de la maison impériale de Courtenay, et s'étaient sans interruption , sans bâtardise , succédé de mâle en mâle jusqu'au second mari de M"* le Brun. Que leuravait-ildonc manqué pour soutenir leur auguste origine? des biens et un grand homme. Leur pauvreté les avait réduits à se mésallier, la médiocrité de leur esprit et de leur caractère ne leur avait pas permis de prouver leur race autrement que par leurs parchemins et leur