‹ Les mariages dans l'ancienne société françaiseChapitre 250 sur 318 · DangeaUy^^ mars 1703. — Le Mercure de mars · texte numérisé non relu

DangeaUy^^ mars 1703. — Le Mercure de mars

2. Voyez le portrait de Sosie dans la Bruyère (Des biens de fortune). « Devenu noble par une charge, il ne lui manquait que d'être liomme de bien : une place de marguillier a fait ce prodige. «

3. Turcaret à la baronne : « Nous voyons tant de gens! nous nous étudions à prendre ce que le monde a de meilleur : voilà toute notre science. » (Acte II, scène vi.)

largesses, aiguisent leurs bons mots ou célèbrent leurs louanges. Turcaret, à la vérité, rencontre dans M. Gloutonneau moins un bel esprit qu'un vigoureux estomac, et son hôte a si grand'peur de perdre un coup de dent, qu'il se contente de penser les jolies choses qu'il devrait dire; mais tous les financiers n'ont pas la main aussi malheureuse que Turcaret, et tirent plus d'honneur de leurs parasites. Parfois même le besoin met à la merci de leurs dons les plus nobles génies. Corneille tend à l'un deux la main qui crayonna Cinna, et dans la chaleur de sa reconnaissance, il recommande à la fois à l'admiration de la postérité les âmes généreuses d'Auguste et de Moutauron *.

Dans son Commentaire de Corneille, Voltaire s'étonne et s'attriste d'un tel rapprochement. Voltaire, génie moins naïf, lorsqu'il sollicite des fermiers généraux quelques privilèges pour le pays de Gex et l'ermitage de Ferney, se contente d'appeler M. Bouret une belle âme, sans aucun terme de comparaison^. 11 a un neveu et des intérêts dans les fermes, n'en médit pas moins de la profession de traitant, en tire à la fois des rentes et la matière de charmantes épigrammes ^ ; mais si de temps à autre il fait sentir la griffe à la corporation, il est plein de caresses pour les personnes. Lui aussi, il

Page 1