‹ Les mariages dans l'ancienne société françaiseChapitre 261 sur 318 · Car Mignot, c'est tout dire, et dans le monde entier · texte numérisé non relu

Car Mignot, c'est tout dire, et dans le monde entier

Jamais empoisonneur ne sut mieux son métier. (Boileau Sat., Ili.)

bien ; elle a les plus l)elles pierreries du monde : ses perles sont plas grosses que celles de la reine ; elle est magnifique sur sa personne et dans son logis

Obligée d admirer la grosseur de ses perles, Mademoiselle se rejette et se dédommage sur la qualité de son esprit :

Elle est bonne femme, a de Tesprit, mais c*est de ces bons esprits de campagne (jui disent de grands mots que Ton n'entend point à la cour, où elle aime fort être *.

L'ancienne lingère n*était pas encore parvenue au faite de sa fortune matrimoniale ; veuve d'im maréchal de France, elle devint, secrètement il est vrai, Tépouse d'un roi de Pologne descendu volontairement du trône. Sa beauté semble s'être longtemps soutenue, puisque dans Tintervalle de son second à son troisième veuvage elle avait inspiré à l'avocat général Denis Talon une passion finement raillée par Fléohier dans ses Grands jours ', mais elle avait, à tout le moins, gardé son esprit, son manège et ses écus.

Elle fit si bien qu'elle épousa en troisièmes noces, le 14 décembre 1672, en sa maison de Paris, rue des Fossés-Montmartre, paroisse de Saint-Eustache, Jean-Casimir, successivement prince de Pologne, jésuite, cardinal, roi de Pologne, qui avait abdiqué, s'était retiré en France, où il avait force grands bénéfices, entre autres l'abbaye Saint-Germain- des-Prés, où il logeait et où il est enterré. Le mariage fut su et très-connu, mais jamais déclaré : elle demeura Madame la maréchale, et lui, garda ses bénéfices 3.

La veuve du financier Gallant, née le Camus, n'a que l'embarras du choix entre les prétendants de robe et d'épée. Les Noailles, les Brissac, les Schomberg, la disputent au procureur général Fouquet, au président Maisons, au fils du président le Coigneux. Elle n'était point mal faite, quoique un peu grosse, mais surtout elle habitait dans un palais magnifique bâti par le défunt, et possédait terres aux champs, rentes constituées, argent mon-

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