‹ Les mariages dans l'ancienne société françaiseChapitre 270 sur 318 · Lettre du tè imix · texte numérisé non relu

Lettre du tè imix

5ii LA FINANCE.

catcssc, et de nouveau bat en brèche, en écrivant à M"' de Sévigné, «ce petit point d'honneur qui avec le temps renverse toutes les bonnes maisons d ^ Sa lettre est justement datée de Tune des résidences de M"* de Loiivois, du château d'Ancy-le- Franc que la maison de Clermont Tonnerre avait dû abandonner k la famille d'un secrétaire d'État. L'héritier des Clermont Tonnerre s'était cependant marié, lui aussi, d'une certaine façon, mais trop tard : lorsque M"« de Mennevillette, fille du secrétaire des commandements de Monsieur, lui avait apporté une dot de 380000 livres*, ses teiTes patrimoniales avaient déjà changé de mains, et il avait eu le cuisant regret de ne pouvoir les ressaisir. Les Grignan furent mieux avisés que les Clennont Tonnerre, et le mariage s'accomplit. M"*» de Saint- Amant apportait 400000 fr. d'argent comptant et 50000 fr. d'habits, de linge, de dentelles et de pierreries : ses espérances étaient plus brillantes encore, car elle n'avait qu'une sœur. Le contrat fut signé à Paris. « Le père et le contrat » arrivèrent à Grignan ; la mère et la fille s'y étaient rendues de Montpellier, et les deux jeunes gens eurent <t huit ou dix jours pour faire connaissance^ ».

La noce fut célébrée avec une magnificence que M"* de Sévigné décrivait à Coulanges dans une lettre malheureusement perdue, et dont nous n'avons que le reflet dans la réponse de Coulanges*, mais par bonheur il y a un supplément à la description, provoqué par une question assez gaillarde de Findiscret cousin, et c'est peut-être le meilleur du récit qui est sauvé, le moment où l'esprit de la grand'mère des époux trouvait à se jouer avec le plus de grâce, en un mot le soir et le lendemain de la noce. M"® de Sévigné admire avec une surprise où l'on pourrait, avec quelque malice, voir une espèce de déception. Pair discret qui règne dans les choses et dans les propos :

Vous avez Irès-bien imaginé toutes les magnificences champêtres de notre noce; tout le monde a pris sa part des louanges que vous

Page 1