‹ Les mariages dans l'ancienne société françaiseChapitre 29 sur 318 · Tallemant, t. IV : i^/"* de Liancourt et sa heUe-fille · texte numérisé non relu

Tallemant, t. IV : i^/"* de Liancourt et sa heUe-fille

2. Lettre du 17 août 1654. M""" d'Harcourt mourut en octobre suivant.

3. Elisabeth de la Tour, fille aînée de Frédéric Maurice de la Tour, duc de Bouillon, et d'Éléonore de Berghes.

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faillirent tout rompre, puis Us réfléchirent et avalèrent ce dégoût, de peur de manquer ce beau parti. Disons à la décharge du prince d'Harcourt qu'il vécut bien avec sa seconde femme. Elle profita même du ressentiment qui lui était resté contre la première ; il n'avait garde de manquer à la bien traiter, quand ce ne serait, disai^il, que pour faire enrager l'autre. Sa nouvelle épouse avait d'ailleurs un parent qui commandait le respect : M. de Turenne n'aurait point souffert qu'on fit mine I de jeter sa nièce par la fenêtre.

' Elle mourut en 1680. En 1684, le prince d'Harcourt, qui avait [ pris le titre du duc d'Elbœuf depuis la mort de son père , sollicita du roi la permission de se remarier. Le roi lui fit observer qu'il avait passé soixante-quatre ans, qu'il avait des enfants de ses deux mariages : le roi était trop poli pour lui rappeler ses infirmités naturelles ou acquises ; finalement il le laissa "bre, le croyant apparemment d'âge à savoir ce qu'il faisait. Le surlendemain, M. d'Elbœuf épousait M"* de Navailles ^

Le rang de princesse avait-il donc tant de channe? M"* de Navailles était de bonne et riche maison, ses parents étaient l'honneur même. Sa mère avait eu jadis l'héroïsme, resté ^lèbre, de faire murer la porte qui conduisait le roi chez les "Ues d'honneur : elle fut disgraciée ainsi que son mari ; elle y comptait, et supporta dignement sa disgrâce. Rappelée à la ^ur, sa vertu imposait même aux plus frivoles ; le roi lui ^moignait un profond respect, accompagné cependant d'une ^^rlaine froideur : sa vue lui rappelait le mur improvisé, souvenir désagréable même pour un galant devenu dévot. Quels pouvaient être les motifs, les circonstances atténuantes de la résolution de M"® de Navailles? Son âge (elle avait trente-trois ans, l'âge de M"* d'Enghien) et l'avarice proverbiale de ses parents. On avait longtemps cru qu'ils n'épargnaient que pour leur fils : celui-ci mourut à vingt-deux ans d'une chute de cheval. « La prudence humaine, écrit M""® de Sévigné à Bussy, qui faisait amasser tant de trésors et faire de si grands projets pour ce garçon, me fait bien rire quand elle est confondue à ce point-là *. » Leur fils mort, leur maison sur le point de

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