‹ Les mariages dans l'ancienne société françaiseChapitre 292 sur 318 · Sàint'Simony t. IV, p · texte numérisé non relu

Sàint'Simony t. IV, p

de Louis XIV, le llégeiit le prie de se mettre à la tête des receveurs généraux chargés de former les 2 500000 livres par mois nécessaires à Tentretien des troupes, et on le trouve modéré de * ne demander qu'un intérêt de 10 pour 100 pour ses avances. En 1716, il offre spontanément, pour n'être pas taxé, la bagatelle de 6 millions, et Ton s'empresse d'accepter son offre pour ménager son crédit à l'étranger ; il n'a même pas besoin de délier les cordons de sa bourse, car l'État lui devait davantage^ Sa fortune, son crédit, vont toujours croissant jusqu'au terme de sa longue vie.

Le roi l'avait anobli pour ses services dès l'année 1700 ; peu après il mariait sa fille à un maître des requêtes, à M. de Sagonne,fils de Mansart. Le contrôleur général des bâtiments, déjà beau-père de le Bas de xMontargis, allait volontiers vers la finance, et volontiers la finance vers le favori du roi. M"* Bernard était une aimable personne et avait 400000 livres de dot, une assez grosse somme si Ton songe que le financier avait beaucoup d'autres enfants à doter*. Quant à M. de Sagonne, il n'avait d'autre mérite que d'être le filfe de son père ; celui-ci mort, il ne put se soutenir, vendit sa charge de maître des requêtes et prit du service ^ « Il se fit gendarme, dit Saint-Simon, pour se parer de ses créanciers, et mena une vie obscure et misérable. » Sa femme, au contraire, demeura dans la pleine lumière du monde, où elle était recherchée pour l'agrément de son commerce autant que pour le crédit de son père. Parmi les hôtes illustres qui fréquentent la maison de Bernard, Hénault cite le galant maréchal de Villeroy attiré par M"^ de Sagonne, qui ménageait en lui le gouverneur d'une ville frappée par refl'royablc banqueroute dont nous venons de parler*. Lorsquelle fut prématurément enlevéeenl716 par la petite vérole, Dangeau enregistre sa mort avec toute l'émotion que comporte son journal: « C'était une femme fort répandue dans le monde et que l'on aimait à voir dans toutes les bonnes maisons ; sou pauvre père en est désespérée »

i. Dangeau, 16 novembre 1715, 2 décembre 1716.

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