Da^igeau, 20 juillet 1690. — ScUnt-Simon, t. II, p
et à cheval contenaient les flots débordants de la foule; Téglise et la place étincelaient d'illuminations ; dans le chœur et dans la nef on remarquait des personnages de la plus haute distinction, qui cependant n'étaient pas de la noce. Tout le monde, au dire du Mercure^ admira la bonne gi*âce de l'époux, la douceur et la modestie de l'épouse ; quant aux malins propos qui purent échapper à l'assistance, le Mercure ne les entendit point, et il sortit charmé, comme tout le monde, de c cette sainte et éclatante cérémonie^ ».
M"* Bernard ne devait pas avoir Thonneur de continuer les Mirepoix : cette épouse enfantine s'éteignit trois ans après son mai*iage, en 1730; en 1738, M. de Mirepoix, ambassadeur à Vienne, n'avait pas encore restitué sadol.Il se remaria Tannée suivante avec la princesse de Lixin, veuve du second fils du comte de Marsan, et perdit ainsi la pension de 20000 livresque Bernard, dans sa magnificence, avait consenti à lui servir aussi longtemps qu'il ne s'engagerait pas dans de nouveaux liens '^.
On peut suivre dans les Mémoires et les lettres des contemporains, beaucoup mieux que dans le Mercure de France^ l'impression que ces alliances firent sur l'opinion publique. Mathieu Marais, avocat de Bernard, et comme tel obligé sans doute de s'incliner devant sa grandeur un peu plus bas qu'il n'aurait voulu, prend volontiers sa revanche dans sa correspondance intime : « Après cela le bonhomme, dit-il de son client avec une familiarité gouailleuse, pourra se reposer et calculer ce qu'il lui en coûte pour toutes ces alliances. Il devrait bien payer quelque historien pour faire son histoire; il ne manque plus que cela à son orgueil ; il y aurait bien quelques chapitres anecdotes et obscurs, mais quel est le héros qui n'a pas de taches^?» L'avocat Barbier laisse la prose et les réticences, et soulage son indignation en vers moins incisifs que ceux de Juvénal :
0 t«împs ! (5 mœurs ! ô siècle déréglé ! Où l'on voit déroger les plus nobles familles ! Lanioignon, Mirepoix, Mole, T)e Bernard épousent les filles, Et sont les receleurs du bien qu'il a volé *