‹ Les mariages dans l'ancienne société françaiseChapitre 36 sur 318 · Saint-Simon, t. VII, p · texte numérisé non relu

Saint-Simon, t. VII, p

2. Charles IV de Gonzague avait épousé en 1670 une fille de Ferdinand III de Gonzague, prince de Guastalla.

Ci LÀ NOBLESSE DE RÀCË.

p3ur songer h se remarier ; dès qu'il la vit malade, il y songea et pria même quelques-uns de ses amis de lui chercher une Temme ^ Saint-Simon va plus loin que Dangeau, et affirme (|ii'ii Tavait déjà trouvée.

Eu soupant un jour avec le jeune duc de Lesdiguières, qui faisait partie de l'armée de Vendôme, il vit à son doigt un portrait en bague, le pria de le lui montrer, le regarda avec admiration et le félicita du choix de sa mattresse. Le duc de Lesdiguières, un des rares bons maris de France, lui répondit en riant que ce portrait était celui de sa femme * ; ce nom se grava dans l'esprit du duc de Mantoue. M. de Lesdiguières mourut peu après à Modène, en octobre 1703; la duchesse de Mantoue succomba en novembre : dès le printemps suivant; le duc de Mantoue prit le chemin de la France, s'en allant vers celle dont l'image l'avait fi*appé.

H avait compté sans les convoitises excitées par sa couronne ducale, sans les embûches qui allaient se multiplier sur ses pas. Princes du sang, princes lorrains, s'émeuvent de l'arrivée en France d'un souverain à marier. M. le Prince avait une fille laide et fanée (nous la connaissons, c'est M"« d'Enghien) dont il ne savait comment se défaire, et une vieille créance sur la maison de Gonzague qu'il ne savait comment se faire payer. I/occasion lui parut unique pour placer sa fille et recouvrer sa créance ; s'il n'était pas payé et si sa fille n'avait pas d'enfants, il espérait, en ajoutant sa dot et ses droits à ladite créance et en s'étayant de l'appui du roi, mettre le Montferrat dans sa maison. Mais les Lorrains avaient aussi une- fille à marier et des prétentions sur le Montferrat, et ils se hâtèrent d'opposer au triste visage de M"* d'Enghien les attraits de M"* d'Elbœuf. L'époux convoité était vieux, fantasque, débauché, il entretenait un sérail à Mantoue; qui songeait à s'arrêter à de pareilles vétilles ? Notez en outre que M. de Mantoue ne voulait ni de M"'' d'Enghien, ni de M"« d'Elbœuf et ne désirait que M"'' de Lesdiguières. Mais il s'agissait bien des désirs de M. de Mantoue ! M. le Prince s'occupe avant tout d'obtenir l'assentiment du roi; il gagne en diligence M. d'Armagnac, le

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