DangeaUf 18 mai
LES MAISONS PRINCIÊRES. 77
geaient Irès-souvenl k Paris, chez lui, où abondait la plus grande el la meilleure compagnie. Il régentait au Palais-Royal, chez M. le Grand et chez ses frères, chez le maréchal de Villeroy, enfin chez tous les gens en première place *. »
Les plus hautains pouvaient avoir besoin de ses conseils, de sa discrétion, de sa bourse. M. le Grand, lorsqu'il maria sa seconde fille, ne regretta pas de lui avoir laissé prendre quelques franchises à rhôlel d*Armagnac. Mais la dot, même arronrf'epar Langlée, aurait sans doute médiocrement séduit le père dcM. de Valentinois, si M. le Grand ne lui eût obtenu une faveur ''nique :1e roi, à sa prière, donna h M. de iMonaco, à ce« souverain d'une roche », pour lui et pour ses fils, le rang de prince étranger, et pour sa lille un tabouret à la cour. Dans le conl'^t de mariage, signé devant le roi, M. le Grand et M. de Monaco ^'^îent nommés très-hauts, très-puissants et très-illustres P^^înces; M. de Monaco avait de plus : Par la grâce de Dieu, P^incCy etc.*. Le moyen de chicaner après cela sur la dot de s^ bru! M. d'Armagnac savait Part de rédiger un contrat. ■ ^ut cependant une boutade de hauteur qui faillit tout gâter : signa, contre la coutume et avec une légèreté préméditée, J^^îint le père du marié. Émoi, protestation, colère de celui-ci ; ^^ici nos princes aux prises, en présence du roi, et le mariage ^ Viasi rompu, M. de Monaco n'y trouvant plus son compte. Le ine put l'apaiser qu'en ordonnant à M. le Grand de signer second, à la paroisse, et Monsieur jugea bon de donner un ^nd dîner à Saint-Gloud pour achever de raccommoder les ^ux beaux-pères.
La cérémonie du mariage fut des plus brillantes ; la beauté ^Proverbiale de la maison de Lorraine y parut dans tout son *iislre: les filles de la branche d'Armagnac la continuaient ^vec éclat. M"* de Grignan faisait partie de l'assistance; sa ^ère nous a transmis l'agréable vivacité de ses inîpressions :
1. Saint-Simon, l. II, p. 7G : « C'était un lioinme de rien, de versMortagne au Perche, dont le père s'était enrichi et la mère encore plus. L*un avait acheté une charge de maréchal des logis pour se décorer, qu'il n'avait jamais faite; l'autre avait été femme de chambre de la reine mère, fort bien avec elle, intrigante, qui s'était fuit de la considération et des amis, et avait produit son flls de bonne heure parmi le grand monde, où il s'était mis dans le jeu. i