Dangeau, 8 juin !G
« Ma fille revint charmée de la beauté da spectacle : c'était Mî-d'Armagnao, belle, aimable, et toute brillante de pierreries, dont la queue, à la manière des princesses^ était portée par sa fMJiur, encore plus belle et plus jeune qu'elle. Toute la beauté d» la <:our était réduite dans cette maison, car M. et M"* d'Ârtnagnac étaient admirables aussi en leur espèce ^ » M"* de SiWi($né no dit rien des Grimaldi, et pour cause : ils Taisaient un |Nm tache dans le cortège. Le duc de Yaleniinois ent^rmait un eiiprit tr^s-iin dans un corps énorme : sa taille et sa figure lui avaient valu le surnom de Goliath. « Son père était gros comme un muids et ne voyait pas jusqu'à la pointe de son V(tntre*. » Il avait, lui aussi, épousé une charmante femme, la Hœur du galant comte de Guiche, et même il avait j^os d'une foin regretté de Tavoir choisie aussi charmante; mais il ne fiongea paH h faire profiter son fils d'une expérience chèrement ar.(|uiMe : le titre désormais assuré de prince étranger lui avait fait perdre la mémoire.
l/année Huivantt^, M. le Grand mariait son fils atné, le comte de Hrionne. C'était un assez pauvre sire, qui n'avait pour lui (|ue IcH plus légers mérites de cour. Sa valeur éclatait surtout dauM les carrousels. Le 4 mars 1685, il figura brillamment dan» une joute entre Sarrasins et chrétiens. Ce jour-là, Dangeau, en costume noir et or, représentait Charlemagne ^ ; llodomont était M. de Urionne, vêtu de vert et d'or. Les Sarrasins eurent l'avantage. Le 29 mai de Tannée suivante, il courut victorieusement la bague, l'emporta sur Monseigneur et reçut de la main du roi une épée enrichie de diamants . Une autre fois il partagea avec Racine l'honneur de concourir aux plaisirs de la cour. On jouait Mithridate^ la tragédie favorite de Louis XIV^ et le fils de M. le Grand dansait dans les cntr*actes*. Racine, pour charmer le grand roi, donnait son génie, M. de Brionne ses ronds de jambe. II était médiocrement grand, assez gros, mais il triomphait, à force de souplesse, de ces désavantages, et n'avait de rival que le chevalier de Sully. Tel était le personnage qu'une femme d'esprit,