‹ Les mariages dans l'ancienne société françaiseChapitre 42 sur 318 · Journal de Dangeau · texte numérisé non relu

Journal de Dangeau

'*. Ibid,f 5 novembre 1684.

LES MAISONS PRINGIÈRES. 79

M*" de la Fayette, appelait le parti le plus considérable de France.

II était né considérable, étant le premier des fils de M. le Grand : la survivance de la charge de son père, de son gouvernement de Picardie, toutes les grandeurs de la maison lui revenaient. Tout le mérite était échu à un simple cadet, au priace Camille. Le prince Camille avait en lui Tétoife des Guises: il n'en trouva pas l'emploi, se fixa en Lorraine, et inoarut sans avoir été marié. M. le Grand, tout en faisant fort peu de cas de M. de Brionne, s'appliqua néanmoins à l'établir avantageusement : sans dédaigner la naissance, il chercha surtout les grands biens. Un premier projet de mariage avec ^fie la Marck s'avança fort et rompit subitement, nous ne ^vons pour quelle cause *. M. le Grand se rabattit sur une '''che héritière de Bretagne, M"* d'Epinay de Broon. Elle avait P^U de beauté, peu d'esprit, peu de santé, légers défauts que *^Ul cela ! son tort le plus grave était d'avoir encore son père : ^^^ui-ci pouvait se remarier, avoir d'autres enfants ; les biens ^ diviseraient. Que n'était-elle tout à fait orpheline I M. d'Epinay . ^ de son mieux pour rassurer M. le Grand et M. de Brionne ; '* laissa espérer qu'après la noce il prendrait les ordres et ^iJun'ait du moins au monde : encore une vocation bien "Pituite, bien mêlée de considérations profanes.

Cependant M. de Brionne se battait en duel avec M. de Hautefort dont il courtisait la sœur de trop près, avait les deux ^Hisses percées, subissait l'interrogatoire du grand prévôt et était mis en prison avec son adversaire. Il en sortit au bout de quelques mois, pour renouer et célébrer son mariage suspendu par cette belle équipée ^. Son beau-père ne réalisa pas les espérances qu'il avait données. Est-ce la raison qui le fit traiter par les d'Ârmagnac avec tant de froideur et de mépris qu'il se retira en Bretagne ? Il y mourut enfin sans s'être remarié. Quant à sa fille, elle fit assez pauvre figure dans le brillant hôtel de M. le Grand, à côté de sa jeune belle-sœur parée de tant de grâces. Sa triste vertu ne lui gagna pas le cœur de ses beaux-parents ; son mari seul fut touché de sa

îi ÙangedUt A mars 16^9.

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