‹ Les mariages dans l'ancienne société françaiseChapitre 43 sur 318 · Ibid.f aTril et décembre · texte numérisé non relu

Ibid.f aTril et décembre

patience, de sa douceur, mais il était lui-même si peu compté des siens ! Lorsqu'elle le perdit, elle s'enfonça dans la retraite et ne lui sun'écut que de quelques années ^

Cette sœur cadette, dont la beauté faisait pâlir celle de M"' de Valenlinois, était destinée, qui Tauraitcru? à vieillir dans le célibat. Ce ne furent pas les projets de mariage qui manquèrent. On visa d'abord très-haut, comme il «irrive, jus- (|u*au bâtard du roi, le comte de Toulouse. La petite-fille de Condé venait justement d'épouser le duc du Maine. Un bel esprit, Lon^epierre ', ancien précepteur du duc d'Orléans, s'était insinué, à force de manèges, chez le comte de Toulouse; il se chargea de le « coiffer » de M"' d'Ârmagnac. La chose était-elle si difficile? M"' d'Armagnac était» parfaitement belle, inoins parfaitement neuve », c'est-à-dire deux fois redoutable au comte de Toulouse, aussi jeune qu'elh d'années et plus jeune de cœur. 11 fut pris et sollicita du roi la permission de suivre son penchant. Le roi, nous le savons, goûtait fort peu les projets qu'il n'avait pas inspirés: en ce temps, il lui déplaisait encore de voir ses fils bâtards se marier, avoir des enfants, il n'avait consenti qu'avec répugnance au mariage du duc du Maine. Le comte de Toulouse essuya un refus, Longepicrre fut chassé, M""" d'Armagnac vue de moins bon œil, et la faveur de xM. le Grand pâlit un instant.

« Le bruit court, écrivait Dangeau en août 1703, que le duc de

Saint-Pierre fuit demander en mariage M"* d'Armagnac » L^ duc de Saint-Pierre était vieux, jaloux, et, disait-on, « ganii de caulères ». Le bruit qui courait n'élait pas flatteur pour M"' d'Armagnac, mais il n'avait rien de tellement invraisemblable, M. de Saint-Pierre ayant 200 000 écus de renie, la grandcsse en Espagne, et en Italie la principauté de Sabionette •'.

La nouvelle mieux fondée se répandit peu après que M"* d'Armagnac épousait son parent, le prince d'Elbœuf, le petit-neveu de Turenne, le petit-fils de celui dont nous ayons redit les aventures matrimoniales. Le prince d'Elbœuf n'avait

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