‹ Les mariages dans l'ancienne société françaiseChapitre 47 sur 318 · Lettre du i'' janvier · texte numérisé non relu

Lettre du i'' janvier

('clui-ci, colle fois, avait trouvé son mattre. Elle était hautaine, irascible : elle le tint de court, trop peu de temps toutefois pour venger la marquise d'Albret. Son humeur impérieuse, qui n'L'tait point habituée à rencontrer de résistance, la tua. Un accès de colère contre une nourrice maladroite l'emporta subitement dans ses secondes couches. Aucun des siens ne la regretta : elle leur avait fait tour à tour et trop vivement sentir son pouvoir et son rang. Quant à son mari, il retrouva sa liberté, assaisonnée de l'usufruit de la plus grande partie des biens de la défunte.

Cet homme insaticible, qui prenait de toutes mains, qui se faisait renter par le roi, les femmes, les partisans, par l'Eglise elle-même (il avait conservé, malgré ses deux mariages, 10000 livres de rente sur Tévéché de Cahors), termina sa vie de rapines par une mort lente et atroce: il mourut d'inanition au milieu de ses trésors. La tète restait libre, toutes les parties du corps éiaient parfaitement saines, sauf le gosier, frappé de paralysie : il en vint à ne pouvoir avaler une goutte d'eau. Il ordonnait à ses gens de manger devant lui pour tromper sa faim, et ^ il ne faisait que l'irriter. Cette faim inassouvie mit deux mois à le tuer*.

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