Saint-Simony t. III, ch. xxx
3. Voyez, sur les mariages des nièces de Mazarin, Touvragede M. A. Renée (bidot, 1857).
Turenne ne <*raignit pas d'associer à la simplicité de Tuii": les dons brillants et périlleux de Tautre. 11 vit les grande biens, la parenté, le crédit : 400000 écus de dot et le gou — vernement de TAuvergne, de cette province qui était le bercea des Bouillon; en France, le duc de Vendôme, la princesse d Conti, la comtesse de Soissons, a de chez qui le roi ne bon geait lors » ; à l'étranger, le duc de Modène et le connétabl de Colonne. Le cardinal n'était pas tout à fait mort; son crédi se continuait par ses nièces et leurs maris. Que d'avantage certains au prix de quelques ridicules qui seraient à pein sensibles à la bonhomie de l'époux !
D'autre part Marianne Mancini épousait un prince, neveu d Turenne, voilà pour la beauté de l'alliance, et grand chambel lan du roi, voilà pour la solidité. Cet office de la couronne outre un énorme brevet de retenue, donnait à tous moment l'oreille du roi, c'est-à-dire la faveur assurée. Quant à l'épou proprement dit, il lui serait toujours loisible de se dédomma ger de l'indigence de sa conversation dans le commerce de plus beaux esprits de France ; M. de Bouillon apportait juste ment à sa femme le duché de Chàleau-Thierry et le voisinag de la Fontaine.
Les mariages à l'étranger en amenaient d'autres de mêm sorte : le second neveu de Turenne, le petit-fils du comte de Berghes, épousa en 1662 la fille du prince de Hohenzollern et de la marquise de Berg-op-Zoom. ^ La comtesse d'Auvergne avait presque des États en Hollande. » Les Bouillon prenaient goût aux héritières des Pays-Bas. Aux grandes terres à l'étranger Turenne ajoute de fructueuses survivances; il fait accorder au comte d'Auvergne celles de son gouvernement de Limousin et de sa charge de colonel général de la cavalerie. Cette charge, que Louvois avait dépouillée de ses droits essentiels, était encore très-prisée pour ses prérogatives honorifiques *. Le nouveau possesseur obtint plus tard du roi un brevet de retenue de 100 000 écus, dont il fit présent à sa fille, et si M"* d'Auvergne entra dans l'ordre des Carmélites, ce ne fut pas du moins faute d'une dot.
Le caractère du comte d'Auvergne ne manque pas d'origi-