Additions à DangeaUy 14 août
3. Le père Gaillard, dans son Oraison funèbre du prince de Turenne^ insiste sur la douleur de ses parents et de son oncle le cardinal de Bouillon; il se tait 'ur les sentiments de la princesse de Turennôi
96 LA ?iOBLËSSË DE RACE.
renne. Entre les deux prétendants, l'un agréable et exilé, Tautre présent et désagréable, un troisième se glissa, le iils de M. de Soubise, le prince de Rohan. Il avait été d'abord destiné à rÉglise, mais un coup de mousquet qui blessa mortellement son aîné dans un engagement en Flandre le rendit au monde, et Gt passer sa vocation et ses abbayes à l'un de ses cadets (|ui devait s'élever rapidementjusqu'à la pourpre. M'"'' deSévigné le trouvait trop beau sans doute pour la sainte carrière où il se trouvait alors engagé *. M"° de Turenne lui pardonna ce défaut, l'agréa et fut déGnitivement perdue pour la maison de Bouillon.
Sa réputation, on le voit, ne lui avait fait aucun tort; M. et M"'* de Soubise n'étaient pas gens faciles à scandaliser; leur Gis, « ce prince par les appâts de sa mère », n'avait pas rimmcur plus ombrageuse. On n'alléguera pas à sa décharge la candeur cl l'aveuglement de son âge : il faisait partie de l'armée de Flandre, et il avait lui-même fredonné les couplets grivois envoyés de Versailles. C'est qu'aussi la solidité de la fortune de M™* de Turenne compensait la fragilité de sa verlu et pouvait déGer les plus mauvaises langues. Ce fut à M. de Soubise que M*"* Cornuel, à l'agonie, décocha son dernier trait. Il était venu lui demander un compliment; voici celui qu'il attrapa : «lié! monsieur, que voilà un grand et bon mariage pour dans soixante ou quatre-vingts ans d'ici.» A quatrevingts ans de date, en elTet, les légèretés publiques de M""* de Turenne devaient tomber dans le domaine de l'érudition; les légèretés passent, les biens demeurent ^.
Les Bouillon avaient une revanche à prendre; le duc d'AIbret, évincé par sa belle-sœur, effaça son échec en s'alliant à l'une des premières maisons du royaumedéjà plusieurs fois alliée à la sienne, la maison de la Trémoille. Les la Trémoille allaient de pair en Bretagne avec les Rohan.- Leur nom était lié à l'histoire même du royaume^. Leurs alliances, soit en France, soit à l'étranger, en avaient encore accru l'éclat. Une Laval-Monlfort, issue du sang d'Aragon, leur avait apporté des