Mémoires de Mademoiselle y t. IH, p
1 Le pour était une distinction qui consi:$tuit à écrire sur les lo^is, dans les voyages, • pour M. un tel w, au lieu d'écrire « M. un tel ». Los maréchaux des logis mettaient ce pour aux princes du sang, aux cardinaux et aux princes étrangers. (Saint-Simon, t. !, p. 387.)
BRRTfX. 7
Le père de M*** de la Trémoille dont le duc d*Albi*et demanda la main était le fils atné de I*amie de M*"' de Sévigiié. Charles-Belgique-Hollande de la Trémoille avait eu l'honneur d'être tenu sur les fonts par un souverain et une république. M"* de Sévigné n'était pas très-respectueuse pour les princes quand ils étaient laids et sots. Elle admirait la prestance du filleul du roi de Suède et des Provmees- Unies, sa terrible mine, sa haute taille et son cordon bleu^ mais elle aurait voulu trouver dans ce grand corps un pea d'esprit. D'esprit, il n'en avait pas l'ombre ; il s'en dépensait cependant beaucoup autour de lui, surtout à son détriment, et les folles saillies des jeunes Bretonnes ne laissaient pas d'ébranler le prestige du président des Étals*. M, de la Trémoille, hàtons-nous de le dire, s'il n'était point homme d'esprit, était homme d'honneur, et l'un était plus rare que l'autre dans la cour dépeinte par la Bruyère et Saint-Simon.
Il avait tant d'honneur et de droiture, de politesse et de diguiuS que cela lui tint lieu d*esprit, lui fil garder une couduile toujours Iionnôle et digne, et lui acquit partout de la considération, môme du roi et des ministres, a qui il ne se prodigua jamais^.
M"" de la Trémoille descendait par sa mère d'une maison illustrée par ses services, riche de biens, de dignités, défaveur. Son grand-père était le duc de Créquy, fameux par son ambassade à Rome ; son grand-oncle, le deuxième maréchal de ce nom, qui s'était signalé par la prise de Luxembourg (1684); sa grand'mère, Armande de Sainl-Gelais, avait été dame d'honneur de la feue reine et avait gardé dans ce poste périlleux une réputation sans tache. Les gens de cour savaient priser la vertu quand elle était bien vue du roi, et ils ne lavaient jamais tant vénérée que depuis l'avènement de M*"® de Maintenon. La duchesse de Créquy était si vertueuse, que le roi lui avait pardonné de n'avoir aucune sorte d'esprit. Elle avait heureusement survécu à son mari et à son beau-frère le maréchal, et soutenait la fortune déclinante des Créquy.
En 1G87, le duc et le maréchal de Créquy étaient tombés