‹ Les mariages dans l'ancienne société françaiseChapitre 56 sur 318 · Tallemant, il/'"" de Rolian^ t. IIÎ, p. 471, commentaire · texte numérisé non relu

Tallemant, il/'"" de Rolian^ t. IIÎ, p. 471, commentaire

3. Jeanne de Navarre, fiUe de Philippe, comte d'Évreux et roi de Navarre par sa femme Jeanne de France, laquelle était fille de Louis le Hutin, était sœur de Charles le Mauvais, roi de Navarre, de Blanche, seconde femme de Philippe de Valois, de Marie, femme de Pierre IV, roi d'Aragon, et d*Âgnès, femme de Gaston Phœbus III, comte de Foix, célébré par Froissart.

^^teur du Parfait Capitaine, et l'amiral de Soubise. Leurs ^^^v%rs elles-mêmes s'illustrent par Topiniâtreté héroïque Vielles déploient dans la défense de la Rochelle. « Elles sou- ^rifenl les dernières extrémités jusqu'à manger les cuirs de ^^Urs carrosses *. » La cadette mourut, peu après la chute de la *^ochelle, de la douleur que lui causa la défaite de son parti, ^lle n'avait pas été mariée non plus que sa sœur, et, selon T'allemant, ne pouvait s'en consoler. Elle était bossue et spirituelle et improvisait fort jolimentun compliment en vers plus badins qu'héroïques. L'aînée était lettrée, savante, poëte, et ses vers ne sont pas, ce semble, aussi mauvais que l'insinue Talleraant *. Une troisième sœur était mariée à un prince palatin des Deux- Ponts.

En dépit de la superbe devise de sa maison, Henri de Rohan se laisse faire duc et pair par Sully (1603) ; seule, sa mère, née Parthenay, répète fièrement, mais vainement, le « duc ne daigne ». Deux ans après il épouse la fille de Sully. « M"« de Sully était encore enfant ; elle fut mariée avec une robe blanche, et on la prit au col pour la faire passer plus aisément. « Présentez-vous cet enfant pour être baptisée?» demanda le ministre Moulin, qui était homme d'esprit. L'appui de Sully s'ajoutant à l'éclat des alliances avec la maison royale, les deux sœurs de Henri de Rohan obtinrent chacune un tabouret de grâce. Notez ces tabourets dans la branche cadette (celle de Gié) et dans la branche aînée (celle de Guémené-Montbazon), la grâce extraordinaire accordée h M"*' de Montbazon de s'asseoir la veille de son mariage avec le duc de Luynes, c'està-dire avant d'être duchesse ; ajoutez-y, pour la princesse de Guémené qui était debout, son beau -père vivant encore, le tabouret qu'Anne d'Autriche lui octroya successivement au Valde-Grâce et au Louvre, d'abord pour ménager ses jambes, ensuite pour ne pas froisser son amour-propre, et vous avez, selon les Mémoires, les plus puissants arguments dont les Rohan s'appuyèrent pour justifier leur prétention d'être princes.

J'en omettais un que relève encore la jalousie moqueuse de

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