‹ Les mariages dans l'ancienne société françaiseChapitre 57 sur 318 · Saint-Simon, t. î, ch. xxxvi · texte numérisé non relu

Saint-Simon, t. î, ch. xxxvi

2. M. Paulin Paris cite deux fragments de ses poésies manuscrites dans son commentaire de Vllistoriette de Af«" de Rohan, t. UI.

IdS LA NOBLESSE DE HACE.

Siiiit-Simon. Une fille de René I*' de Rohan et d'Isabelle de Navarre, grandUante de Henri IV, M"* de la Garnache, gaguo. un tabouret de gr;\ce d*une assez piquante façon. M. d Nemoui-s * lui avait promis de J épouser ; elle en eut u enfant avant que la promesse fût réalisée. Malheureusemeii pour elle, le second duc de Guise fut tué par Poltrot au siég d'Orléans ; sa veuve était aimée de M. de Nemours et Taimait^ Tous deux, décidés à s*unir, amusèrent de leur mieu^ M"* de Ruban. Mais celle-ci à la fin devina tout, protesta, cria, en a|)|>e!a à Jeanne dWlbret, reine de Navarre, sa cousine germaine ^, lit sonner sa honte le plus haut qu'elle put . M"*' de Guise, fière de Téclat de sa maison, passa outre e 'i épousa M. de Nemours (1566). «M"* de la Garnache dis — parut et alla élever son poupon dans l'obscurité, où il vécu ^ i't mourut. » Plus tard elle sortit de sa retraite, tâcha d*émou— voir >!"• de Nemours, y réussit, et par sa protection obtint, ei:»retour du mari qu'elle lui avait enlevé, un duché sans pairi(^ et le tabouret (1576). Les Rohan rappelaient cette duchesse d^ Loudun, rhonneur dont elle avait été l'objet, et n'oubliaient^ que la raison de cet honneur, «le poupon», pour parler comme les Afêmoires. Pendant la Fronde, les prétentions des^ Rohan soulevèrent, comme celles des Bouillon, les protestations des ducs et de la noblesse ; la régente avait besoin de ménager les esprits excités : les tabourets disparurent, pour reparaître quand lorage fut passé ^.

11 était réservé à M"* de Soubise d'assurer définitivement aux Rohan, par l'ascendant de ses charmes, la satisfaction dont ils étaient si avides. M*"' de Soubise était née Rohan-Chabot, ou plutôt Chabot-Rohan, si Ton tient moins de compte de la fiction légale que de Tordre naturel. Rappelons les circonstances du mariage de sa mère, qui fit événement en France par les émotions qu'il souleva, par les obstacles qui le contrarièrent : ce fut un mariage d amour.

L'illustre chef des réformés, Henri de Rohan, n'avait laissé qu'un enfant, une fille. Elle était héritière de biens immenses; elle avait beaucoup de beauté, d'esprit, de fierté, elle se mon-

1. Jacques de Savoie, duc de Nemours, né en 1531, mort en 1585.

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